Dalle, Despentes, d’Eaubonne et consœurs

Dalle, Despentes, d’Eaubonne et consœurs

Virgine Despentes continue son cycle de lectures publiques. Pour son 4ème opus, Troubles, c’est avec Béatrice Dalle, Casey et le groupe Zëro qu’elle se saisit de textes puissants, dont l’Appel à la grève de la procréation de Françoise au sein d’Écologie-Féminisme Centre publié en septembre 1974.

Dans la présentation,Virginie Despentes dit :

« Il s’agit plus ou moins d’une lecture de ma bibliothèque queer… Nous avons cherché, ensemble – musiciens et lecteur.ices – comment les agencer, tenant compte de leur sens, de leur son, de la musique, et cherchant à l’instinct la bonne sélection, dans un ordre cohérent ».

Donna Harraway, Audre Lord, Dorothy Allison, Jean Genet, Angela Davis, Paul B. Preciado, Alana S. Portero, Pedro Lemebel…, ces autaires « issues des minorités dans leur domaine, par refus de l’orthodoxie dominante » comme le rappelle ladite présentation, vont  briller de mille éclats verbaux sur les scènes qu’iels investiront pour un soir, portées par une dynamique de talents qui savent pourquoi ils sont là.

Un conseil, réservez au plus vite, c’est complet très en amont. Et, si vous ne trouvez pas votre bonheur géographique ou calendaire, vous pouvez vous brancher sur le site des productaires, La Station Service. Ce ne sont là que les toute premières dates.

Fariba Adelkhah est de retour en France

Fariba Adelkhah est de retour en France

Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne, est de retour en France depuis le 17 octobre, après être restée près de quatre ans en captivité en Iran.

Anthropologue, directrice de recherches à l’Institut d’études politiques de Paris, elle avait été arrêtée en Iran en juin 2019, accusée d’espionnage, emprisonnée pendant plus d’un an puis libérée avec un bracelet électronique. De nouveau incarcérée à la prison d’Evin de janvier 2022 à février 2023, elle a ensuite été libérée avec interdiction de quitter le territoire iranien. Finalement, elle est rentrée en France mardi dernier.

***

Au début des années 1990, Françoise d’Eaubonne avait écrit une pièce de théâtre intitulée La Pierre est rouge, dans laquelle elle avait exprimé avec force son soutien aux droits des femmes en Iran et à leurs luttes. Ce texte, archivé à l’Imec (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) sous la référence « La Pierre et le Rouge », est resté impublié jusqu’à présent.

En janvier 1994, l’Organisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour l’Iran avait adressé une lettre chaleureuse à Françoise, via son Secrétaire général, Manouchehr Ganji :

« La Ligue des Femmes Iraniennes m’a transmis votre pièce de théâtre La Pierre est rouge, œuvre que j’ai pu lire avec beaucoup d’attention et d’intérêt. Cette lecture m’a rendu fier d’être membre de la communauté humaine, sachant que celle-ci réussit à produire des individus comme vous. Autant que je sache, au cours des quinze dernières années, aucun intellectuel étranger n’a montré sa solidarité à l’égard de la cause des femmes iraniennes de manière aussi explicite et avec une telle compassion. »

Ci-joint : lettre de l’Organisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour l’Iran

1994 01 25 Lettre d’une ONG d Iran

Crédit photo : Comité de soutien de Fariba Adelkhah

L’écoféminisme en dialogue

L’écoféminisme en dialogue

 

Françoise est au cœur d’une rencontre internationale. Tous les mercredis à 9h30, du 4 octobre au 15 novembre, vous pouvez nous retrouver en ligne en cliquant sur le lien suivant :

https://cnrs.zoom.us/j/99505234076?pwd=bGEyb1M5ZGNUUVNkZGNhaFJGUDB3QT09

De quoi s’agit-il exactement ? D’une rencontre inter-universitaire en ligne, concue comme un dialogue entre l’écoféminisme et la jineolojï kurde, cette science des femmes pour une sociologie correcte, telle qu’elle se définit.

Dans le cadre d’une connexion internet partagée, diverses chercheuses s’exprimeront tour à tour selon le programme ci-joint, avant un temps de débat entre les étudiantz du Rojava et l’intervenante.

Mercredi 4 octobre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Élise Thiébaut, autrice et journaliste, biographe de Françoise d’Eaubonne avec L’Amazone verte, le roman de Françoise d’Eaubonne : Qui était Françoise d’Eaubonne ? et Vincent d’Eaubonne, fils de Françoise d’Eaubonne : Contextualisation de l’écoféminisme dans l’histoire du Nord Global.

Mercredi 11 octobre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Delphine Sangu, Docteure en Études hispaniques, agrégée d’espagnol, Nantes Université : Paysages écoféministes d’Abya Yala, l’Amérique latine.

Mercredi 18 octobre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Geneviève Pruvost, Directrice de recherche au CNRS-EHESS : Le Féminisme de la subsistance, un écoféminisme.

Mercredi 25 octobre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Danielle Roth-Johnson, professeure en résidence et directrice d’études sur le genre et la sexualité à l’Université du Nevada, Las Vegas. : L’Écoféminisme dans le monde anglo-saxon.

Mercredi 1er novembre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Abha Bhaiya, travaille et vit dans un village de la région montagneuse de l’Himalaya où elle a construit une retraite bio-féministe et pratique l’agriculture biologique. Elle est l’une des fondatrices de Jagori,  organisation féministe créée en 1984 à Delhi, et  également membre fondatrice du conseil d’administration du réseau régional des femmes – Afghanistan, Inde, Pakistan et Sri Lanka : L’histoire des citoyennes de l’assemblée cosmique.

Mercredi 8 novembre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Elif Kaya, membre de l’Académie de Jineolojî : L’écologie du point de vue de la Jineolojî : lien entre la vie des femmes, la société et l’écologie.

Mercredi 15 novembre / 9h30-11h30 (heure de Paris)

Berivan Omer, professeure du cours d’écologie au département de Jineolojî à l’Université du Rojava, coprésidente adjointe du ministère du gouvernement local et de l’écologie, ingénieure agronome : Expériences du mouvement écologique au Kurdistan.

Vous pouvez consulter ou télécharger la plaquette de présentation en cliquant sur cette image 2023 10 programme rencontre inter-universitaire
Mettre en lumière les femmes

Mettre en lumière les femmes

Une salle comble, un public – largement féminin – très intéressé et réactif, tel a été l’accueil des deux projections du documentaire de Manon Aubel, Françoise d’Eaubonne, une épopée écoféministe, qui ont été proposées dans le cadre des Journées du matrimoine à la Maison des pratiques artistiques amateurs, à Paris, samedi et dimanche.

Vincent, Manon et moi avons également eu la chance d’assister, au lieu associatif Chez Mona, à une conférence-échange avec Claire Tencin (éditrice de la collection Les Ardentes aux éditions Ardemment) autour de l’écrivaine Louise Colet (1810-1876), poétesse, romancière, essayiste politique, qui a notamment écrit sur les évènements sanglants de la Commune de Paris et sur son engagement auprès des femmes. À cette occasion, l’émotion a été forte lors de la rencontre entre les deux fils de Françoise et l’arrière-petit-fils de Louise, Maxime.

Ces Journées du matrimoine, instituées depuis huit ans par le mouvement HF, ont pour objectif de mettre en lumière des femmes créatrices que l’Histoire officielle a invisibilisées. À Paris et dans sa banlieue, une vingtaine d’autres évènements se sont déroulés durant ce week-end, tous mettant en avant des femmes artistes, écrivaines, créatrices. Afin d’exiger que le Matrimoine fasse pleinement et définitivement partie de la politique culturelle, une pétition a été lancée par le mouvement HF que nous vous invitons à signer.

Françoise en livre de poche

Françoise en livre de poche

Le 15 septembre 2023, retrouvez Françoise en livre de poche, aux éditions Points, dans votre librairie préférée :

Je ne suis pas née pour mourir, initialement paru en 1982, est le premier roman de Françoise à reparaître ces années-ci, après une longue série de réédition de ses essais. Son héroïne issue d’un peuple matriarcal mythologique, l’amazone Thékla, absorbe un philtre d’éternelle jeunesse qui la rend immortelle : elle rencontrera de nombreux peuples et vivra de grands moments de l’Histoire entre deux périodes d’un sommeil prolongé, ce qui fera dire à Pauline Harmange dans la préface :

« Elle est « la femme » derrière qui on devine toutes celles qui ont participé à l’Histoire sans être nommées, ou pire, en étant effacées… Tout au long de ce qu’elle peine à considérer comme une vie puisqu’il n’y a pas de mort qui l’attend, elle constate… que les femmes sont devenues et restent, malgré tous leurs efforts, les paillassons sur lesquels la société s’essuie les pieds. »

Le second livre est l’édition poche de l’indispensable ouvrage d’Élise Thiébaut à toute personne qui souhaite mieux connaître Françoise : L’Amazone verte, le roman de Françoise d’Eaubonne. Écrit avec une verve que Françoise n’aurait pas reniée, dressant le portrait de cet archétype de Femme Puissante, il a grandement contribué à la faire enfin reconnaître après tant d’années d’invisibilisation. Quel autre autaire de plus de 100 livres ayant légué plusieurs mots à la langue française a subi un tel sort ?

Françoise aux Journées du Matrimoine

Françoise aux Journées du Matrimoine

 

Cette année, les Journées du Matrimoine rendront femmage à Françoise d’Eaubonne. Comme nous vous l’avons déjà annoncé, à Paris, Toulouse et Caen seront organisés des événements qui mettront en avant l’autrice et l’activiste.

Paris

À Paris, le samedi 16 septembre à 11 H et le dimanche 17 à 16 H, le documentaire de la réalisatrice Manon Aubel Françoise d’Eaubonne, une épopée écoféministe sera projeté dans la salle Monique Wittig de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (MPAA), 100, rue Didot, Paris 14, en présence de la réalisatrice, de Vincent d’Eaubonne, de Caroline Goldblum et de ma pomme. Chaque séquence sera suivie d’un débat.

Auparavant, une soirée de présentation des Journées du Matrimoine 2023 se sera tenue à l’Espace des Femmes–Antoinette Fouque (35, rue Jacob, Paris 6), le mardi 5 septembre à 19 H.

Toulouse

À Toulouse, Les Tenaces (Collective de femmes de rue et cirques) s’empareront des parcours de vie de l’écoféministe Françoise d’Eaubonne et de la militante féministe Alice Coffin. Rendez-vous les 16 et 17 septembre, de 14 H à 19 H, à la station de métro Bellefontaine.

Le 17 septembre à 15 H 30 sera également organisée une rencontre avec Élise Thiébaut à la médiathèque Grand M. L’autrice, qui a publié en 2021 L’Amazone verte, passionnante biographie de Françoise, reviendra sur les parcours et les engagements de l’activiste.

Caen

Coline et Florat Pilet présenteront leur spectacle Françoise ! Une traversée écoféministe à la (re)découverte de Françoise d’Eaubonne, un portrait de l’écrivaine et militante, le 16 septembre à 19 H, au Musée des Beaux-Arts de Caen.

Nous avons décidé de croiser nos chemins à celui de Françoise en faisant le portrait de cette femme aux mille facettes avec ses mots, les nôtres, nos histoires, l’Histoire d’une époque, nos corps et nos voix. 
C’est notre (en)quête pour aller à sa rencontre, pour « faire notre Françoise » comme nous disait son fils, Vincent d’Eaubonne.

À l’occasion du colloque Redécouvrir Françoise d’Eaubonne qui s’est tenu, en novembre dernier, à l’Université de Caen et à l’Institut Mémoire de l’Édition Contemporaine, nous avons tous et toutes été très émues par une première repésentation de ce spectacle, alors en cours de réalisation. Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez surtout pas.

Hérouville-Saint-Clair (Calvados)

Je complète l’article de mon frère pour annoncer la projection du film de Manon Aubel Françoise d’Eaubonne, une épopée écoféministe le jeudi 14 septembre à 20 H 30 au Café des Images (signé : Vincent. C’est mieux ici que dans une simple note en commentaire laughing).