À propos de Maria Mies

À propos de Maria Mies

De dix années la cadette de Françoise, Maria Mies est décédée le 15 mai 2023, à l’âge 92 ans. Encore trop méconnue en France, la sociologue allemande avait jeté les bases d’une réflexion qui l’a conduite à théoriser la « perspective de la subsistance » comme horizon de transformation totale. Dans un article publié le 25 juillet dans Socialter, le journaliste Youness Bousenna revient sur le parcours de celle qui, avec la sociologue Claudia von Werlhof et l’anthropologue Veronika Bennholdt, avait formé « l’école de Bielefeld ».

Maria Mies et Veronika Bennholdt, dans La Subsistance. Une perspective écoféministe, (La Lenteur, 2022) :

Pour nous, la perspective de la subsistance consiste à décoloniser les trois colonies du capital : la nature, les femmes et le Sud. »

Par ailleurs, on ne saurait trop conseiller la lecture de Quotidien politique. Féminisme, écologie, subsistance (La Découverte, 2021), de la sociologue Geneviève Pruvost.

Qui sont vraiment les écoféministes ?

Qui sont vraiment les écoféministes ?

Durant douze (trop) petites minutes, Aude Gogny-Goubert, comédienne, nous présente, sur sa chaîne Youtube Virago, ce qu’est l’écoféminisme à travers les portraits, incarnés par des actrices, de Rachel Carson, Wangari Maathai, Vandana Shiva, du mouvement Chipko et de Françoise d’Eaubonne. C’est la comédienne Céline Ronté (à gauche sur l’illustration) qui joue Françoise.

Vincent :

Une présentation générale pour le grand public bien réalisée, je trouve.

Toulouse : journées du matrimoine

Toulouse : journées du matrimoine

 

Si vous êtes en Haute-Garonne à la mi-septembre, notez-le dans vos agendas : les 16 et 17 septembre, se tiendra à Toulouse un évènement intitulé Les Journées du matrimoine, de Françoise d’Eaubonne à Alice Coffin. Il s’agit d’un spectacle gratuit qui se déroulera à la station de métro Bellefontaine de 14 à 19 H.

Depuis septembre 2021, les Tenaces célèbrent leurs matrimoines : ceux du passé et ceux du futur. Dans les parcs, cours, et rues de Toulouse, elles mettent en lumière des toulousaines invisibilisées.
Le temps d’un femmage est délivré à deux artistes : l’une oubliée et décédée, l’autre vivante et active. Des passerelles singulières entre deux trajectoires de vie se tissent : de la cinéaste Raymonde Carasco à la réalisatrice Léa Fehner, de la dompteuse Jeannette Mac Donald à la dresseuse Camille Decourtye. Pour cette édition, les Tenaces s’emparent des parcours de vie de l’écoféministe Françoise d’Eaubonne à la militante féministe Alice Coffin.
Ces journées touchent un public convié qui découvre des femmes emblématiques toulousaines, célébrées dans l’espace publique par d’autres artistes femmes toulousaines.
Cet événement annuel s’inscrit dans le cadre des Journées européennes du patrimoine à Toulouse. Ces deux journées se clôturent avec un temps réflexif et d’échange dans l’auditorium de la médiathèque Le Grand M. Les Journées des Matrimoines portées par les Tenaces s’exportent à Bruxelles, en 2023.

Rassemblements de soutien aux SLT

Rassemblements de soutien aux SLT

 

Hier soir, les rassemblements de soutien aux Soulèvements de la Terre se sont multipliés dans toute la France, alors que nous étions toutes et tous sous le choc de l’assassinat du jeune Nahel, tué la veille par un policier à Nanterre.

À Paris, Place de la République, c’est environ un millier de personnes qui ont exprimé leur colère et leur détermination. Contre la répression brutale que subissent les mouvements sociaux sous le règne de Macron, des manifestations contre la réforme des retraites à la dissolution des Soulèvements de la Terre en passant par le déchaînement de violence policière à Sainte-Soline, sans oublier bien sûr le meurtre de Nahel, intervenu après bien d’autres mises à mort, dont celles de Zyed et Bouna en 2005, d’Armada Traoré en 2016…

L’éventail des soutiens, hier à Paris, était large, à l’image des Soulèvements eux-mêmes. J’ai pu y voir et entendre les avocats des Soulèvements, ainsi que Françoise Vergès, Fatima Ouassak, Attac, Alternatiba, la CGT de Paris, des cellules du Parti communiste, Europe-Écologie-les-Verts, la Confédération paysanne, La France Insoumise, l’Union syndicale Solidaires, le NPA, et même un représentant des communautés zapatistes…

Reporterre, dans son édition de ce 29 juin, revient sur cette soirée.

(Crédit photos : Alain Lezongar)

         

On ne dissout pas un soulèvement

On ne dissout pas un soulèvement

 

On ne dissout pas un dérèglement planétaire. On n’efface pas par décret les constats scientifiques ni le refus de capitalisme radicalisé fonçant dans le mur. Loin des procès en « écoterrorisme », ce qui se joue autour de mouvements comme les Soulèvements de la Terre n’est rien d’autre que la bataille de ce siècle.

C’est ainsi que se présente le petit livre sorti quelques semaines avant le décret de dissolution du mouvement Les Soulèvements de la Terre. 40 voix y prennent position pour les Soulèvements, des intellectuels, des syndicalistes, des activistes… Parmi ces 40 voix : Geneviève Azam, économiste, militante écologiste et altermondialiste ; Isabelle Cambourakis, éditrice ; la Confédération paysanne ; Virginie Despentes, autrice ; Philippe Descola, anthropologue ; Geneviève Pruvost, autrice, sociologue ; etc.

Notons que la réflexion de Françoise traverse ce livre, plusieurs contributions faisant référence à la théoricienne et activiste écoféministe qu’elle a été.

(On ne dissout pas un soulèvement, Le Seuil, 11,50 €).

De son côté, l’actrice Marion Cortillard a fustigé le gouvernement après la dissolution.

La dérive sécuritaire de ce gouvernement, couplée à son incapacité à nous protéger des conséquences du changement climatique, est effrayante. Mais ces intimidations n’arriveront pas à nous faire taire. Aujourd’hui, dans notre pays, la liberté est en danger.

Rappellons que l’actrice a mis sur pied, avec Magali Payen et Cyril Dion, un studio de production dont l’un des premiers projets est une mini-série romancée sur la vie et l’œuvre de Françoise.

***

Dans LObs, Geneviève Pruvost nous parle de Mara Mies, l’une des figures de proue de l’écoféministe en Allemagne, qui nous a quittés le mois dernier.

Elle a cofondé à la fin des années 1970 le féminisme de la subsistance – un courant féministe majeur en Allemagne. Quand Françoise d’Eaubonne, écrivaine féministe antinucléaire, invente l’écoféminisme en France dans les années 1970, elle ignore ses homologues allemandes (et réciproquement) et trace une voix originale sur le plan militant : elle quitte le parti communiste, milite au MLF et pose une bombe dans le chantier de la centrale de Fessenheim qui retarde d’un an les travaux.

Journées du Matrimoine 2023

Journées du Matrimoine 2023

Nous y reviendrons d’ici-là, mais nous vous invitons d’ores et déjà à noter quelques dates dans vos agendas.

Paris

Dans le cadre des Journées du Matrimoine, le documentaire de la réalisatrice Manon Aubel Françoise d’Eaubonne, une épopée écoféministe sera projeté dans la salle Monique Wittig de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (MPAA), 100, rue Didot, Paris 14, le samedi 16 septembre à 11 H et le dimanche 17 à 16 H, en présence de la réalisatrice, de Vincent d’Eaubonne, de Caroline Goldblum et de ma pomme. Chaque séquence sera suivie d’un débat.

De plus, une soirée de présentation des Journées du Matrimoine 2023 se tiendra à l’Espace des Femmes–Antoinette Fouque (35, rue Jacob, Paris 6), le mardi 5 septembre à 19 H.

Toulouse

Les Tenaces – Collective de femmes de rue et cirques (pédagogues, artistes, autrices, metteuses en scène, chercheuses…) – célèbrent leur matrimoine depuis 2021. « Dans les parcs, cours et rues de Toulouse, elles mettent en lumière des toulousaines invisibilisées. » Pour les Journées 2023, elles s’empareront « des parcours de vie de l’écoféministe Françoise d’Eaubonne à la militante féministe Alice Coffin. » Rendez-vous les 16 et 17 septembre, de 14 H à 19 H, à la station de métro Bellefontaine.