Françoise, toujours sur le pont

Françoise, toujours sur le pont

Où je sors d’une longue pause, pour vous donner quelques nouvelles de l’inoxydable et toujours plus ubiquiste Françoise qui s’implante en Grèce, se réinvestie en Italie, et continue son chemin en Norvège et en Corée.

Fait unique depuis plusieurs années, la dernière actualité publiée ici date de trois mois déjà. Ma sainte fainéantise, que je nomme doucement procrastination pour ne pas la froisser, est bousculée par l’ensemble du travail à faire sur le site puisque que mon frère, qui a bien raison, se consacre à d’autres priorités. Et s’il est bon de suivre sa pente naturelle ( pourvu qu’elle monte ! ), les ascensions se font plus douces avec le temps. Bref (comme l’on dit en cédant à la manie de faire des phrases), je vais essayer de maintenir le rythme minimum d’une news par mois, même si les mots ont tendance à me fuir ces temps-ci.

Peut-être aussi suis-je un peu trop occupé à bien vieillir, un peu trop tôt ? Françoise, elle, s’y emploie au bon moment et avec succès : elle a retrouvé sa forme des années 70.

Du côté éditorial, ses dernier mois ont été marqué par les sorties de Histoire de l’Art et lutte des sexes et de Remember Fessenheim, le livre que son petit-fils David Dufresne lui consacre et qui fait un certain bruit, finaliste des prix Médicis et Décembre.

Et d’autres rééditions mijotent dans la cocotte (je suis en train de me faire un plat de saison) :

Une anthologie de ses poèmes, c’est Pauline Launay qui est à la manœuvre. Ce pourrait être l’occasion de revenir aussi sur le rapport de Françoise aux poètes et particulièrement à Rimbaud dont elle connaissait par cœur, dit-elle dans Chienne de Jeunesse, toute l’œuvre en vers à 17 ans. Elle lui consacrera trois livres.

l’Evangile selon Véronique, et non « L’Evangile de Véronique » comme faussement indiqué sur la couverture originelle. Son dernier livre publié en 2003 en dit long sur la trace du christianisme dans son histoire, sa révolte contre l’Eglise qu’elle nomme Paulinienne, et son attachement à la figure du Christ telle qu’elle transparait dans les Evangiles apocryphes notamment. Ce livre intéresse fort un courant écoféministe chrétien porté par des théologiennes féministes radicales anglo-saxonnes. Gaïa et Dieu.e, un écoféminisme chrétien est possible est à ma connaissance le premier livre en langue française sur le sujet. Mais je n’y connais pas grand-chose.

Féminin et Philosophie, une allergie historique est entre les mains d’une maison d’édition. La philosophe Sandra Mevrel en assurerait la préface et l’appareillage critique. Elle a récemment sorti une excellent texte mettant en parallèle Michelle le Deuff et Françoise.

Et plusieurs titres sont en discussion au sein une belle Maison (au bout du monde) pendant que des traduteurices s’affairent . en Norvège et en Corée à préparer des sorties de Le féminisme ou la mort, le livre qui l’a fait revenir dans la bagarre.

Des chercheuses et spécialistes étrangères viennent en France consacrer du temps à Françoise. Pour ne pas trop me bousculer, elles ont le bon goût de se succéder. La commissaire d’exposition Grecque Eleni Riga, très investie dans l’art écoféministe à travers le monde, précède jusqu’à fin janvier l’italienne Marika Giati qui elle sera là pour 6 mois à l’EHESS.

Enfin, les rencontres s’enchaînent, je vous en épargne l’historique pour évoquer celles à venir dont j’ai connaissance, et c’est loin d’être exhaustif :

Le 17 décembre, je serais à la Cité des Arts à Paris à 19H, invité par Eleni Riga qui présentera un point d’étape de ses recherches. En introduction, outre quelques anecdotes sur les racines du rapport de Françoise aux arts, j’évoquerais rapidement la réédition de Histoire de l’art et lutte des sexes.

Le 29 décembre, au 28 minutes d’ARTE, l’historienne Michelle Perrot évoquera Françoise d’Eaubonne.

Le 10 janvier, Les Amis du Monde Diplomatique s’offrent deux d’Eaubonne pour le prix d’un, et deux beaux morceaux : avec David Dufresne, nous animerons la soirée à Versailles. David a de son côté plein de rencontre sur son livre dans son programme.

Le 15 janvier c’est au tour de la Maison des Femmes – Simone de Beauvoir de Nantes : projection du film de Manon Aubel, Françoise d’Eaubonne, une épopée écoféministe. Et débat à suivre en tandem selon une habitude bien établie. Eleni sera là aussi, on va pousser un peu les meubles pour qu’elle puisse nous parler de son travail autour de Françoise. Et le film continue sa belle vie, une recherche vous permettra peut-être de le voir par chez vous .

Comment ça vous ne l’avez pas encore vu ? Vous avez ce qu’il vous reste à faire avant la prochaine actualité sur Françoise. Ce qui, au vu de mon rythme de production, vous laisse une marge confortable. Sur ce, je vous quitte en vous souhaitant de Joyeuses Pâques.

La gratuité a un prix (1)

La gratuité a un prix (1)

Allégorie du Commerce, Louis-Gabriel Blanchet (1705-1772)

Près de 1000 pages (articles), autant d’images et une centaine de documents PDF, depuis son lancement en 2022 le site Web de Françoise d’Eaubonne (en 5 langues, s’il vous plaît ! ) ne cesse de s’enrichir et  d’offrir de nouvelles fonctionnalités. La dernière en date : tous les contenus sont affichables comme les articles de l’actualité. Vos recherches et vos envois de liens deviennent bien plus faciles !

De ce travail résulte une fréquentation en hausse constante. À ce jour (12 septembre), vous êtes 47 000 visiteuses et visiteurs ayant effectué 76 000 visites et vu 1 250 000 pages, selon Awstats. Déjà  10 000 personnes de plus que toute  l’année dernière. Pas mal pour un site consacré à une autrice dont personne ou presque ne se rappelait l’existence il y a 10 ans.

Tout ceci, bien sûr, ne s’est pas fait tout seul. Depuis 2022,  environ 3000 heures ont été consacrées à téléphoner, rencontrer, écrire, coder, améliorer, avec jusqu’à peu l’aide de mon frère, Alain Lezongar, essentiellement. Et c’est loin d’être fini ! Tout un réseau mondial se constitue. Avec des ressources très limitées : Pour être parfaitement transparent, je vis avec le minimum retraite, et quelques droits d’auteurs partagés équitablement avec ma sœur, qui de mon côté couvrent à peine les frais engagés.

La réalité me rappelant à son bon souvenir, je dois trouver des moyens de continuer, sans vous pénaliser. L’accès au site restera donc totalement libre. Activistes, étudiant.es encore plus fauchée.es que moi, chercheuses, autrices, éditrices, toutes celles et ceux qui participent à faire advenir un monde vivable, je tiens à ce que cette source vous soit toujours accessible sans exclusive.

Pas question non plus de transformer l’espace en panneau publicitaire, si je ne veux pas me faire engueuler par Françoise, qui aurait bien raison. Ni d’utiliser des techniques plus ou moins tordues qui vous transforment en produit, comme les paiements par clic, le marketing d’affiliation, les contenus sponsorisés et autres joyeusetés de start-up nation en pourrissement accéléré. Le monde de Françoise, ce n’est pas celui des influenceurs libertariens qui cherchent désespérément à sortir du lot.

La seule possibilité reste donc l’appel aux dons. Encore faut-il le réfléchir un peu sérieusement, car il y a une éthique à penser, une transparence et des engagements à mettre en place, avant même que de se pencher sur les outils  : ce sera l’objet du prochain billet. Vos commentaires, d’ici là, sont plus que bienvenus.

Et pour finir quelques news :

Le livre de David Dufresne, Remember Fessenheim, fait parti des 11 présélectionnés pour le prix Décembre. Et David entame une tournée des popotes pour le présenter, toutes les dates sont ici.

Le 7 octobre, des activistes de Bruxelles organisent un arpentage autour de Contre-violence ou la résistance à l’Etat.

En Grèce, La Cité internationale des Arts (Institut Français) accueille en résidence la commissaire d’exposition Eleni Riga pour trois mois, durant lesquelles elle mènera une recherche sur l’art écoféministe en s’appuyant sur Le féminisme ou la Mort.

Là ou se trouve Elise Thiébaut, Françoise n’est jamais loin. Elle est donc citée dans le dernier billet de Nouvelles Lunes, blog écoféministe éponyme de la collection qu’Elise dirige au diable-vauvert. Il y est question, entre autres, d’eaux, celle qui soutient la flottille qui se dirige vers Gaza, celles qui entrent en dialogue dans le dernier roman de Wendy Delorme, celles que l’on s’échange… Françoise est dans les actualités à la fin du billet, et je vous recommande ce blog pour ses pépites littéraires régulières !

Histoire de l’art et lutte des sexes

Histoire de l’art et lutte des sexes

Annoncé comme projet d’édition en 2022, Histoire de l’art et lutte des sexes sera dans les bacs en septembre. Il aura fait l’objet entretemps d’un travail considérable d’appareillage critique et d’un important enrichissement iconographique. Les Presses du Réel, spécialisées dans le livre d’art, en a fait un très bel objet avec des représentations picturales de grande qualité.

Si l’essayiste qui forgea le néologisme écoféminisme est désormais régulièrement citée, des pans entiers de son œuvre demeurent dans l’ombre, dont ses réflexion sur  la peinture et son rôle dans la société. Grâce à Fabienne Dumont, herstorienne de l’art autrice et/ou directrice de sept livres, de nombreux articles et catalogues d’expositions, critique d’art et professeure d’histoire de l’art contemporain à l’université, ce manque est comblé.

Car, elle en est convaincue, les analyses de peintures auxquelles se livra Françoise il y a 50 ans sont aussi sérieuses qu’originales. Fabienne confirme combien, là encore, elle était visionnaire : « ce livre est pionnier » (à son époque) dit-elle, en ce qu’il expose combien le corps des femmes est d’autant plus représenté dans les œuvres qu’elles sont effacées en tant que créatrices. Précurseur donc, mais ignoré voir effacé jusqu’à très récemment, ce « jalon marquant » de l’histoire féministe de l’art qui « n’a pas d’équivalent » en France.

L’intérêt précoce de Françoise pour les arts a émergé du terreau fertile d’une famille où les vocations esthétiques ont laissé des traces, comme les toiles de Lucien d’Eaubonne ou le travail du décorateur Jean d’Eaubonne qui collabora avec une kyrielle de cinéastes célèbres. Françoise, elle, a fait de la peinture son jardin secret, si secret que fort peu de personnes peuvent prétendre y avoir eu accès de son vivant. Crayonnés, aquarelles, gouaches et feutres, sur coins de feuilles comme sur supports de qualité, elle a produit, probablement, des centaines de petites œuvres.

Histoire de l’art et lutte des sexes marque un tournant dans sa production littéraire. Le style y préfigure la grande maîtrise dont elle fera preuve notamment dans La Liseuse et la Lyre et L’Évangile selon Véronique, son avant-dernier roman publié en 2003.

Ce soixante-dixième ouvrage de Françoise vient percuter notre époque. En régime néolibéral, au nom de « la crise », le bref laps de temps ou la culture institutionnelle fut espace de réinventions a cédé la place à un art « rentable », donc sommé de se marchandiser. Les grands musées publics sont phagocytés par des spécialistes en analyse du marché culturel, et chacun y travaille avec ardeur son « segment », reléguant les œuvres au rôle de supports interchangeables pour la mise en valeur de l’industrie du luxe, ou de faire-valoir aux grandes familles de la finance et de l’armement qui voit dans leur mécénat une manière de redorer un blason bien terni.

Comme le dit fort bien Paul B. Preciado, ans ces « nécromusées, archives de notre destruction globale« , la valeur d’échange et la réécriture de l’histoire ont dévoré l’œuvre. Françoise, elle,  aurait préféré « la ruine publique à la rentabilité privée« , et aurait invité à les occuper, ces ruines, pour « y monter des barricades de sens« , car, comme elle l’écrivait, « Tout combat qui va jusqu’au bout de lui-même rencontre les autres ».

La rentrée de Françoise

La rentrée de Françoise

Deux mois. Deux mois que Françoise me fiche une paix royale, consacrés à perdre la tête pour habiter mon corps (cette formule est d’elle) puis à laisser ouverts tous les possibles face à l’âge qui tente de vous mettre des œillères. Une crastination de pro, donc. Oui, je sais, ce jeu de mot est douteux, mais n’attendez pas de moi des fulgurances d’esprit alors que je sors tout juste de ma douce léthargie.

Françoise sait pouvoir compter sur ses alliées pour me remobiliser. Elise me demande quand, enfin, elle pourra me lire. Manon me rappelle qu’il serait bon que je reprenne les actus, car il se passe des choses. Et toute une galaxie de kamis, déesses et fées de berceaux trouvent que, quand même, ça commence à bien suffire de glander comme ça. À un moment donc pour calmer la pression il faut s’y mettre, alors voilà. Notez le nombre de virgules dans cette dernière phrase qui sont autant d’arrêts pour mieux retarder, encore un peu, l’échéance, bref :

      Françoise était focus sur son petit-fils David Dufresne, et le résultat est là. Toujours à la tête de sa Brigade Au Poste, il a trouvé le temps d’écrire Remember Fessenheim, qui sort le 17 septembre chez Grasset.

Vous avez peut-être lu du même auteur Tarnac, magasin général, Prix des Assises 2012. La réflexion intime s’y marie à l’investigation rigoureuse, nouvelle manière de documenter saluée par la profession. Treize ans après David reprend la démarche et nous livre une Françoise dont les faits d’armes ne se sont pas limités à son action contre la centrale nucléaire d’Alsace. C’est une découverte, il semble bien que, contrairement à son habitude, Françoise a su là se faire discrète.

En parallèlle, David donne son point de vue sur cette impossible grand-mère aux rapports compliqués avec la famille de sa fille (sa mère), mais dans quel monde idéal les rapports familiaux sont-ils simples en société patriarcale ? Dans cet aller-retour entre le personnel et l’action publique l’auteur s’inscrit dans une affirmation fondamentale rappelée par nos sœurs et mères des années 70 : le personnel est politique. En cela, entre autres, il est bien le petit-fils de Françoise.

     Françoise inspire le monde des arts plastiques et de la scène, avec une petite dizaine de productions régulièrement en lien avec l’Université. C’est encore le cas avec une nouvelle conférence performée de Marion Lenavet et Delphine Sangu Françoise d’Eaubonne, Amazone écoféministe. Le titre vous semble familier ? Rien de  plus normal puisque  l’Amazone verte, le roman de Françoise d’Eaubonne de notre amie Elise Thiébaut sert de fil rouge à ceete pièce dont les nantais auront la primeur le 19 septembre, 20H, à la Maison Des femmes – Simone de Beauvoir. À noter, dans la scénographie, une chaise ayant très probablement appartenu à Simone de Beauvoir…. La représentation sera suivie d’un débat avec le public, on vous y attend !

    Comprendre Françoise, c’est se pencher sur des aspects méconnus de son histoire. D’où ma réflexion sur l’influence du christianisme dans sa vie et son œuvre qui s’est concrétisée par une rencontre publique à Paris. Je remets le couvert avec Delphine Sangu le 3 Octobre au 17H au Passage Sainte-Croix à Nantes. J’y dirais comment elle était aussi vent debout contre l’Eglise, dénonçant la patriarcalisation de la Parole, qu’elle voyait positivement cette Parole comme n’était pas à son origine masculiniste et impériale. Et Delphine illustrera le propos avec l’Evangile selon Véronique, dernier livre de Françoise, qu’elle traduit actuellement en espagnol.

     Quelques news générales pour finir : nous attendons toujours la sortie de Histoire de l’art et lutte des sexes aux Presses du Réel, la Corée et la Norvège travaillent d’arrache-pied à la traduction de Le féminisme ou la mort, des possibles se dessinent pour la réédition de Louise Michel la Canaque et de l’Evangile selon Véronique. Sans compter ce qui est encore dans les limbes mais qui finira par advenir. Et elle sera présente ici et là pour la journée du matrimoine, je vous laisse faire les recherches sur le Net.

Ne voulant pas éprouver votre patience, je vous  propose d’adoucir la frustration en regardant Clint Eastwood confronté au plastiquage de Fessenheim dans L’inspecteur Harry ne renonce jamais. Un moment d’anthologie !

Ecoféminisme politique d’Ariel Salleh

Ecoféminisme politique d’Ariel Salleh

Trente ans.

Il aura fallu trente ans pour que Ecofeminism As Politics: Nature, Marx and the Postmodern, le livre d’Ariel Salleh, que presque personne ne connait en France, soit enfin traduit sous le titre Pour une politique écoféministe en co-éditions par Le Passager Clandestin et Wildproject.

Il partage ce sort de livre essentiel inconnu pendant des décennies avec La subsistance de Maria  Mies et Veronica Thomsen, La mort de la nature de Carolyn Merchant, ou encore Le féminisme ou la Mort de Françoise, pour ne citer qu’eux.

Usbeck et Rica a eu la bonne idée d’interviewer son autrice. Dans la première partie, après une bio de la sociologue australienne et des sources de son engagement, lui est demandé si Françoise fut pour elle une inspiration :

Je n’ai entendu parler de Françoise d’Eaubonne que tardivement. Je l’ai rencontrée brièvement à la fin des années 1980 par l’intermédiaire de la philosophe Julia Kristeva, alors que j’étais de passage à Paris dans le cadre d’un congé sabbatique… je n’ai moi-même pu lire son travail que très récemment, lorsque ses ouvrages ont été traduits en anglais. J’étais bien plus familière d’autres figures de l’écoféminisme…

La suite de l’entretien permet de pressentir l’un des premiers point fort d’Ariel Salleh : sa très grande connaissance des mouvements écoféministes, dans le monde entier, et de leur actualité.  Si elle cite Acción Ecológica en Équateur, WoMin à Johannesburg ou les communautés du Rojava, ceci n’est qu’un hors d’œuvre. Dans la première partie de son livre, on trouvera l’historique mondial le plus complet que j’ai pu lire sur les multiples mouvements jusqu’à la parution de son livre en 90, charge au lecteur de trouver la suite…

Si Ariel se réjouit de l’activisme de le jeunesse française contemporaine autour des questions climatiques, elle y pointe avec justesse un manque d’analyse du système patriarcal, colonial et capitaliste et conclue :

Il est urgent de sensibiliser les hommes à l’écoféminisme. La déclaration de Françoise d’Eaubonne de 1974 – « Le féminisme ou la mort ! » – est plus impérative que jamais.

Sortir de la sidération face à l’horreur

Sortir de la sidération face à l’horreur

Cette photo et sa légende illustre un article de Reporterre titré « Face à un génocide, ne rien faire est effrayant » – Entretien exclusif Greta Thunberg-Rima Hassan, en route vers Gaza.

Rien à rajouter, si ce n’est de vous inviter à lire l’article. A l’heure ou deux millions de gazaouï menacés de famine en sont à envisager de manger les feuilles des arbres, les mots me manquent.

Tout juste me revient ce que Françoise nous avait dit en partant :  si elle regrettait de nous laisser le monde dans un tel état, elle était soulagée de ne pas avoir à vivre ce qui allait advenir.

C’est maintenant. A nous de faire que la conscience mondiale émergente soit assez puissante pour faire barrage aux nuées qui s’amassent et s’abattent déjà ça et là. Car l’orage qui serait planétaire pourrait bien releguer la seconde guerre mondiale au rang d’anecdote. l’Histoire qui nous jugera (s’il reste une Histoire), ne sera pas tendre envers notre apathie.