Elle est passée par ici, elle repassera par là…

Elle est passée par ici, elle repassera par là…

 

Françoise a quelques avantages à être dématérialisée depuis 2005. N’étant plus impactée par les refroidissements épidémiques ou endémiques, n’ayant plus besoin d’une trésorerie de folie pour voyager, ce qu’elle fait d’ailleurs avec un bilan carbone imbattable, on la voit donc un peu partout.

La première photo a été prise à Toulouse début janvier. La Cie Scoum y jouait Boîte noire, pièce durant laquelle les circassiennes-comédiennes ont écrit sur la scène, à la craie liquide, le nom de personnes inspirantes. Merci Florence B. pour la photo !

La deuxième annonce la projection d’un film à Montréal, que nous n’avons pas en France. C’est notre ami Nicolas, de la librairie L’Euguélionne, qui est à la manoœuvre.

Enfin, il a été question de Françoise le 30 janvier dans une Fresque du Sexisme (sur le modèle des Fresques du Climat), mais aussi durant diverses rencontres à Paris avec Élise Thiébaut. Dans trois heures débute une projection du film de Manon Aubel à Nantes ; il y a sûrement bien d’autres occurences qui se sont produites sans que nous soyons au courant, et c’est très bien comme ça.

Travaux de la place Françoise d’Eaubonne à Paris

Travaux de la place Françoise d’Eaubonne à Paris

 

Comme prévu, les travaux de la nouvelle placette et de la nouvelle allée végétalisées qui seront situées devant la mairie du XIVe arrondissement de Paris ont commencé en ce mois de janvier, et devraient être terminés en mai ou en juin. Françoise aura alors un espace public à son nom dans Paris.

La bande à d’Eaubonnot, n’hésitant devant aucun sacrifice, a employé les grands moyens et envoyé un reporter-photographe qui n’a pas hésité à affronter les grands froids hivernaux pour vous rapporter ces clichés historiques.

  

 

Crédit photos : Alain Lezongar

À Lion-sur-Mer, nouvel hommage à Françoise

À Lion-sur-Mer, nouvel hommage à Françoise

Nous vous avons déjà parlé de l’hommage rendu à Françoise par Flora et Coline Pilet lors du colloque Redécouvrir Françoise d’Eaubonne qui s’est tenu en novembre 2022 à l’Imec et à l’Université de Caen.

Une nouvelle date a été ajoutée à celles que nous vous avions indiquées alors. Ce qui nous traverse sera présenté au public le jeudi 14 mars prochain à Lion-sur-Mer (Calvados), à 20 H, dans la salle Trianon (boulevard du Calvados).

Si vous avez la possibilité d’y assister, surtout ne ratez pas ce grand moment qui, je n’en doute pas, aurait enthousiasmé Françoise.

« Je ne serai plus psychiatre »

« Je ne serai plus psychiatre »

Au début des années 1970, Gérard Hof est externe puis interne à l’hôpital psychiatrique du Vinatier (Lyon). Là, « il tente rapidement de subvertir les méthodes encore trop orthodoxes de ses (…) collègues par la mise en place d’ateliers corporels directement inspirés de [l’]expérience théâtrale » qu’il avait acquise à Lyon au Théâtre de la Rue – lequel pratiquait « le théâtre populaire et le Living Theatre, théâtre politique issu des mouvements contestataires états-uniens » (*). Avec des patient-es et des infirmier-ères, Gérard fonde alors le Comité de lutte du Vinatier, qui remet radicalement en question la relation patient-te/soignant-te, l’abrutissement aux neuroleptiques ainsi que le pouvoir des psychiatres.

Gérard Hof est inspiré par les théories et les pratiques du SPK (Collectif socialiste de patients), de Heidelberg (RFA), pour lequel la maladie n’est pas un état dont on peut se rétablir, « la santé ayant pour unique but le retour aux capacités productives de la personne en système de production capitaliste » (cf. Faire de la maladie une arme). Le Comité de lutte s’insurge contre ces notions – maladie, santé – et contre les pratiques de la discipline psychiatrique, laquelle est « fondamentalement attachée à une visée de réintégration des individus aux logiques du travail, que ce soit dans l’hôpital, via l’ergothérapie, ou en dehors ». Le pouvoir médical réagira par une répression qui amènera Gérard à laisser tomber la psychiatrie.

En 1976, dans son livre Je ne serai plus psychiatre, Gérard Hof relate, sur un ton mordant et percutant, cette lutte qui visait aussi l’industrie pharmaceutique, et ce sera semble-t-il la dernière fois qu’il agira dans ce domaine. Il se tournera dorénavant vers la lutte anti-carcérale (autre forme de lutte contre l’enfermement) et contre la destruction des conditions de la vie sur notre planète (réchauffement climatique, disparition d’un nombre inquiétant d’espèces animales et végétales, empoisonnement des sols par l’agro-chimie, déploiement des centrales nucléaires…), en compagnie notamment de Françoise d’Eaubonne. Celle-ci demeurera le restant de sa vie très proche de Gérard Hof, son dernier grand amour.

Les Éditions Météores (Bruxelles) viennent de rééditer ce livre devenu introuvable et l’ont enrichi d’une préface de Renaud-Selim Sanli (éditeur) et de la reproduction d’un certain nombres d’archives. Pour la sortie de cette réédition, une rencontre s’est tenue le 28 novembre dernier à la librairie L’Atelier dans le 20e arrondissement de Paris, en présence de Renaud-Selim, de Treize (slameuse et rappeuse, autrice de Charge, un texte antipsychiatrique) et de moi-même. La soirée a réuni une quarantaine de personnes et a permis de belles rencontres.

(*) Toutes les citations de cet article sont extraites de la préface de Renaud-Selim Sanli à la réédition.

Paris 14 : un espace public au nom de Françoise

Paris 14 : un espace public au nom de Françoise

 

Au regard de sa volonté de féminisation des noms de lieux de l’espace public, le Conseil d’arrondissement du 14e arrondissement de Paris a émis le vœu de donner le nom de Françoise d’Eaubonne à une nouvelle placette végétalisée entre les deux squares de la Mairie. Lors du Conseil d’arrondissement qui en a ainsi décidé, le 7 novembre, quelques lignes du texte La Nature de la crise ont été lues à l’assemblée afin de présenter en quelques mots la pensée écoféministe de l’autrice (à voir à 2 h et 57 minutes de la captation de la séance du Conseil.)

Suite à cette décision, le processus habituel de dénomination va suivre son cours. Les travaux d’aménagement de la placette végétalisée démareront en janvier 2024 et devraient être terminés, si tout va bien, au printemps suivant.

Rappelons que depuis quelques années le même arrondissement a donné le nom de Monique Wittig à l’un de ses jardins.

Annulation de la dissolution des SLT

Annulation de la dissolution des SLT

Je ne résiste pas au plaisir de partager ici l’information qui vient de me parvenir, les bonnes nouvelles de nos jours n’étant pas si courantes :

le Conseil d’État a annoncé ce 9 novembre l’annulation de la dissolution des Soulèvements de la Terre !

C’est le 28 mars que le sinistre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé sa volonté de dissoudre le mouvement écologiste radical. Puis, plus rien, jusqu’à ce que le président de la République lui-même s’en mêle trois mois plus tard en demandant au gouvernement de s’activer.

La décision de la plus haute juridiction administrative française est donc un véritable camouflet non seulement pour le sinistre de l’Intérieur mais aussi pour l’arrogant M. Macron.

Peut-être vont-ils à présent vouloir dissoudre le collectif d’éco-terroristes que forme le Conseil d’État…