1999 : Le Sexocide des sorcières

Paris, L’Esprit Frappeur, 156 pages.

Dans cet ouvrage, Françoise retrace l’obsession masculine, depuis la destruction des cultures matrocentristes, de faire disparaître le féminin. « C’est bien en Occident chrétien, futur créateur de ‘l’État de droit’, que c’est manifesté le plus tôt et le plus spectaculairement ce rêve de sexocide par le bûcher des sorcières. (…) Ce fut en 1484 que la bulle d’Innocent VIII lança l’initiative d’une extermination qui devait dépeupler l’Europe d’une partie du ‘deuxième sexe’ pendant deux cents ans. » Et l’Église, pour qui toute femme est une sorcière en puissance, bientôt livrera « à la torche du bourreau les milliers de femmes dont elle invente la culpabilité ». (Alain)

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1999 : Lettre à « Temps critiques »

1999 : Lettre à « Temps critiques »

En 1999, Françoise, qui participait régulièrement aux débats de Temps Critiques, constate : «  Si presque partout l’État est en position de relative faiblesse, s’il participe par force à la destruction des rapports sociaux, c’est qu’il n’est plus — et de façon plus ouverte que jamais — que l’instrument local du gouvernement planétaire qui ne dit pas son nom (…), le pouvoir financier. »

Puis elle pose la question des forces qui pourraient engendrer un changement radical, question toujours sans réponse un quart de siècle plus tard : « Dans la mesure où aucune classe, aucune catégorie, aucune collectivité ne peut plus se charger (…) d’une “mission” révolutionnaire, sur quelle base et par quels moyens l’entreprendre ? »

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1999 : Le XXIe siècle et les femmes

2000 : Le XXIe siècle et les femmes

C’est à la toute fin des années 1990 que Françoise a donné ce bref interview pour Jalons, le bulletin du PDF (parti démocratique et féministe) ; nous n’en connaissons pas la date précise. Alors qu’elle sent que sa fin n’est plus lointaine, Françoise s’inquiète de plus en plus du devenir de l’humanité à l’approche du IIIe millénaire. La mainmise de l’économie sur le politique, les bouleversements du monde du travail, le surgissement brutal de l’informatique, des réseaux et de l’inintelligence artificielle, lui font poser des questions essentielles qui, vingt-quatre années plus tard, n’ont pas véritablement trouvé réponse.

« Symbole de la feminité, la nature est attaquée, transformée, niée de toutes parts. (…) Tant que le profit demeurera la base du système économique, tant que le rapport production/consommation ne tiendra aucun compte des besoins et du droit à vivre de tous, la seule issue possible restera la destruction du plus grand nombre, qui passe d’abord par leur mise à l’écart !
Cette fois encore, les femmes vont-elles se soumettre à ce qu’on leur a toujours présenté comme inéluctable ? »

Françoise d’Eaubonne

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1998 : Virtuel et domination

1998 : Virtuel et domination

Dans ce texte daté de 1998, Françoise s’élève contre l’informatisation galopante de la société, du travail et des relations humaines. « Le rapport de l’homme au monde va être, plutôt que modifié, bouleversé de fond en comble, si son rapport à l’espace-temps l’est par l’ère numérique, à savoir par le règne du virtuel. » Le thème de « la disparition du travail » était couramment débattu à la fin du siècle dernier. Depuis, l’informatique et les réseaux n’ont pas véritablement aboli le travail, mais l’ont modifié en profondeur : plus d’ouvrages créés par des corps œuvrant ensemble, mais des individus isolé-e-s, chacun-e sur son clavier et son écran, jusqu’au télé-travail qui désagrège le corps du prolétariat et enchaîne le corps des travailleur-se-s en libérant la production de l’espace et du temps, « l’expérience de quitter le socle immémorial qu’est son rapport à l’espace-temps et au monde réel ». Françoise pressent déjà une « nouvelle identité humaine » qui mettra « l’humanité en danger de disparition ». Un quart de siècle plus tard, le développement de l’inintelligence artificielle, des écrans omniprésents et de la surveillance totalitaire généralisée peut effectivement nous faire redouter le pire.

« Dans quinze ou vingt ans, ceux qui ont connu le monde “d’avant” seront morts.  »

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1998 : Françoise part en Amérique

1998 Montana

En 1998, Françoise est invitée, au titre de S.O.S Sexisme, à un colloque dans le Montana. Ce sera toute une épopée, tant Françoise avait une infinie faculté à merveilleusement se perdre, ne parlant de surcroît pas un mot d’Anglais.

C’est ainsi que, selon un témoignage de l’époque, les organisataires du colloque eurent des sueurs froides : elle disparut pendant 48 heures pour réapparaître miraculeusement. Où était-elle passée ? C’est aujourd’hui un mystère…

Le document joint est une courte note de sa main qui présente son projet d’intervention.

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1997 : La Liseuse et la Lyre

Paris, Les Belles Lettres, 192 pages.

Dans cet essai intime, Françoise revient sur sa passion des mots. Non pas par nombrilisme, comme le dit fort justement René de Ceccatty dans une critique littéraire du Monde en 1997, mais pour nous rappeler le mot de Danièlle Sallenave : « Le livre ne remplace rien, mais rien ne remplace le livre ».

La Liseuse et la Lyre est un essai magnifique où Françoise, là encore, touche à l’universel. Mais sur un ton détaché et presque serein que nous lui connaissions peu, nous rappelant combien sa palette était large. (Vincent)

L’analogie de cette passion trop abstraite avec l’envoûtement de la drogue a inspiré à un auteur de l’entre-deux guerres une dénonciation sous ce titre : « Ce vice impuni, la lecture ». Par quoi put-il faire cette mise en garde ? Par un écrit.

Dans Le Monde des Livres, René de Ceccatty fait à l’occasion d’un retour critique un touchant hommage à Françoise et à sa carrière littéraire.

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