1998 : Virtuel et dominationDans ce texte daté de 1998, Françoise s’élève contre l’informatisation galopante de la société, du travail et des relations humaines. « Le rapport de l’homme au monde va être, plutôt que modifié, bouleversé de fond en comble, si son rapport à l’espace-temps l’est par l’ère numérique, à savoir par le règne du virtuel. » Le thème de « la disparition du travail » était couramment débattu à la fin du siècle dernier. Depuis, l’informatique et les réseaux n’ont pas véritablement aboli le travail mais l’ont modifié en profondeur : plus d’ouvrages créés par des corps œuvrant ensemble mais des individus isolé-e-s, chacun-e sur son clavier et son écran, jusqu’au télé-travail qui désagrège le corps du prolétariat et enchaîne le corps des travailleur-se-s en libérant la production de l’espace et du temps, « l’expérience de quitter le socle immémorial qu’est son rapport à l’espace-temps et au monde réel ». Françoise pressent déjà une « nouvelle identité humaine » qui mettra « l’humanité en danger de disparition ». Un quart de siècle plus tard, le développement de l’inintelligence artificielle, des écrans omniprésents et de la surveillance totalitaire généralisée peut effectivement nous faire redouter le pire.
« Dans quinze ou vingt ans, ceux qui ont connu le monde “d’avant” seront morts. »
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