2000 : De la construction à la destruction de la subjectivité féminine

2000 : De la construction à la destruction de la subjectivité féminine

« Où la marchandise disparaît, la femme se fait marchandise avec l’alibi religieux et familialiste. »

« L’individu féminin, cible de choix en même temps qu’outil privilégié de propagande — surtout quand ce féminin est parcellisé, beauté, consommation, hygiène des enfants, etc. — se voit propulsé au top niveau de cette entreprise de fabrication d’une subjectivité comptabilisée et rentable. »

« L’État est réduit à sa “dimension policière et guerrière”, ce qui relève du populisme le plus informé par l’obsession sécuritaire. La volonté de construire un système politique est totalement anesthésiée, le social rejeté hors champ, et les intentions d’organisation et de relations, valables, nouvelles, si présentes dans les Seventies, sont totalement niées par ce jeu des lois marchandes. »

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1999 : Le XXIe siècle et les femmes

2000 : Le XXIe siècle et les femmes

C’est à la toute fin des années 1990 que Françoise a donné ce bref interview pour Jalons, le bulletin du PDF (parti démocratique et féministe) ; nous n’en connaissons pas la date précise. Alors qu’elle sent que sa fin n’est plus lointaine, Françoise s’inquiète de plus en plus du devenir de l’humanité à l’approche du IIIe millénaire. La mainmise de l’économie sur le politique, les bouleversements du monde du travail, le surgissement brutal de l’informatique, des réseaux et de l’inintelligence artificielle, lui font poser des questions essentielles qui, vingt-quatre années plus tard, n’ont pas véritablement trouvé réponse.

« Symbole de la feminité, la nature est attaquée, transformée, niée de toutes parts. (…) Tant que le profit demeurera la base du système économique, tant que le rapport production/consommation ne tiendra aucun compte des besoins et du droit à vivre de tous, la seule issue possible restera la destruction du plus grand nombre, qui passe d’abord par leur mise à l’écart !
Cette fois encore, les femmes vont-elles se soumettre à ce qu’on leur a toujours présenté comme inéluctable ? »

Françoise d’Eaubonne

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1998 : Virtuel et domination

1998 : Virtuel et domination

Dans ce texte daté de 1998, Françoise s’élève contre l’informatisation galopante de la société, du travail et des relations humaines. « Le rapport de l’homme au monde va être, plutôt que modifié, bouleversé de fond en comble, si son rapport à l’espace-temps l’est par l’ère numérique, à savoir par le règne du virtuel. » Le thème de « la disparition du travail » était couramment débattu à la fin du siècle dernier. Depuis, l’informatique et les réseaux n’ont pas véritablement aboli le travail mais l’ont modifié en profondeur : plus d’ouvrages créés par des corps œuvrant ensemble mais des individus isolé-e-s, chacun-e sur son clavier et son écran, jusqu’au télé-travail qui désagrège le corps du prolétariat et enchaîne le corps des travailleur-se-s en libérant la production de l’espace et du temps, « l’expérience de quitter le socle immémorial qu’est son rapport à l’espace-temps et au monde réel ». Françoise pressent déjà une « nouvelle identité humaine » qui mettra « l’humanité en danger de disparition ». Un quart de siècle plus tard, le développement de l’inintelligence artificielle, des écrans omniprésents et de la surveillance totalitaire généralisée peut effectivement nous faire redouter le pire.

« Dans quinze ou vingt ans, ceux qui ont connu le monde “d’avant” seront morts. »

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1997 : Retour sur Écologie/Féminisme

1998 ; Retour sur Ecologie/féminisme

En 1997, pour la revue Silence de Solange Fernex où s’exprimeront aussi Vandana Shiva et Wangana Mathari, Françoise revient sur Écologie/Féminisme, révolution ou mutation ?

20 ans après la publication de son livre, elle s’inquiète de la domination par le numérique, appelle les femmes à organiser la résistance du charnel face au virtuel, et rappelle que « En mai 68, on clamait « l’imagination au pouvoir ». Aujourd’hui, le pouvoir a conquis l’imaginaire ».

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1996 : Une rose pour Violette

Une rose pour Violette

Romancière née en 1907 et disparue en 1972, Violette Leduc a fortement marqué Françoise d’Eaubonne. Les deux écrivaines furent d’ailleurs amies. Pour un colloque Violette Leduc organisé à l’Université Charles-de-Gaulle à Lille, les 15 et 16 mars 1996, Françoise a écrit ce texte à propos de la difficile réception par le public français de l’œuvre remarquable « d’une écrivaine si prodigieusement douée »

« Faim d’amour, asphyxie de solitaire, ressassement infini de cet ‘océan de larmes’ comme elle se baptisait elle-même, voilà qui irritait et décontenançait le lecteur français de ces années-là. Si La Bâtarde apporta à Violette une juste revanche, ce fut surtout en raison de la hardiesse des tableaux de mœurs et du cruel miroir où l’auteur osait se refléter pour tendre à son lecteur un exemple imprévu de regard sur soi- même. »

Françoise d’Eaubonne

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1990 : La restauration 1990

1990 : La restauration 1990

1990. Depuis quelques années, l’URSS, alors dans une impasse économique et politique, amorce sa mue sous l’égide de Mikhaïl Gorbatchev, mais la fin de l’empire approche. Le « triomphe de la démocratie parlementaire euro-américaine » amène Françoise, visionnaire, à prédire dans ce texte que s’ouvre la boîte à Pandore. Trente-quatre années plus tard, les sortilèges maléfiques des démons frères, Capital et Patriarcat, s’abattent sur l’Humanité, toujours plus terribles et monstrueux.

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