Projet de films autour de Fessenheim

Projet de films autour de Fessenheim

Selon BZ (quotidien suisse de langue allemande), le réalisateur Max Disbeaux projette de réaliser une série de six longs métrages de 52 minutes autour de la lutte anti-nucléaire qui s’est cristallisée lors de la construction de la centrale de Fessenheim au milieu des années 1970. Il compte brosser une fiction romanesque sur fond de résistance écologique.

La série se déroule en 1975, lorsque la centrale nucléaire française de Fessenheim est en construction. Depuis le début des années soixante-dix, une résistance franco-allemande-suisse s’est formée au-delà des frontières contre le projet de construction de cinq centrales nucléaires avec 14 réacteurs sur 120 kilomètres le long du Rhin supérieur. Tout a commencé par la résistance contre une usine de plomb chimique à Marckolsheim, en Alsace, à quelques kilomètres du Rhin. La construction de cette usine ainsi que celles des centrales nucléaires prévues à Kaiseraugst, Breisach, Wyhl et Gerstheim, seront finalement annulées. Seule la centrale de Fessenheim verra le jour.

Par ailleurs, le réalisateur dit ne pas avoir été convaincu par « l’engagement formulé par l’écoféministe française Françoise d’Eaubonne dans son autobiographie inédite ». Max Disbeaux fait sans doute référence à la revendication que Françoise a faite dans ses écrits intimes d’avoir participé en 1975 au plasticage de la centrale de Fessenheim.

Violette and Co c’est fini, Violette and Coop prend la relève !

Violette and Co c’est fini, Violette and Coop prend la relève !

Après 18 ans d’activité, la librairie pour les filles et les garçons manqués a fermé ses portes le 12 février.

Nous y étions en novembre dernier, avec Vanessa Springora, pour la réédition du Complexe de Diane. Et Françoise y était venue aussi, aux débuts de la librairie, pour un moment en hommage à Violette Leduc. Violette and Co, c’était un pont entre elle et nous. Merci, Catherine Florian et Christine Lemoine !

Mais ce n’est pas fini ! Le collectif Violette and Coop entend prendre la relève et faire renaître l’esprit dans un nouveau lieu. Car cette librairie féministe LGBT+ était unique en son genre sur Paris.

Ce sont les femmes qui souffrent le plus de la crise climatique

Ce sont les femmes qui souffrent le plus de la crise climatique

Madrid, décembre 2019. Marie Kolo, militante pour le climat, vient de Madagascar pour participer à la Conférence mondiale sur le climat, la COP 25. Jeune femme de 31 ans, déterminée et n’ayant pas la langue dans sa poche, Marie Kolo s’était permise, quelques jours auparavant, de critiquer sur Facebook le ministre malgache de l’environnement, Alexandre Georget. Devant les délégués de la COP, celui-ci la croise, l’attrape par le bras et l’insulte. Comment une jeune femme avait-elle eu le culot de critiquer un mâle de la caste des puissants de ce monde ?

Madagascar. La moyenne d’âge des 28 millions d’habitants de l’île est de 19 ans. Cependant, la voix des jeunes, leurs souhaits et leurs préoccupations ne sont généralement pas entendus ou représentés dans les parlements et dans les instances du pouvoir. Marie Kolo insiste sur la place qui devrait revenir à la jeunesse et sur celle qui est due aux femmes. Un article de Der Tagesspiegel (quotidien allemand diffusé uniquement par abonnement) la présente ainsi :

Elle se décrit non seulement comme une militante pour le climat, mais aussi comme une défenseuse du genre et comme une écoféministe, un terme apparu pour la première fois dans les années 1970 et qui remonte à la militante des droits des femmes Françoise d’Eaubonne, décédée en 2005. Pour des écoféministes comme d’Eaubonne et Kolo, l’écocrise et l’oppression des femmes sont liées. L’exploitation de la nature et l’oppression des femmes sont, selon elles, les deux faces du capitalisme.

Marie insiste sur le lien entre l’oppression des femmes et l’exploitation de la nature :

Beaucoup ne savent même pas qu’il existe un lien entre le genre et le changement climatique. Et quand c’est le cas, ce lien n’a que peu ou pas de priorité dans les négociations. Celles qui souffrent le plus sont les femmes.

Un des nombreux exemples que met en avant Marie Kolo est celui des conséquences du tremblement de terre de 2010 en Haïti : après le séisme, les femmes réfugiées dans les camps d’urgence ont souvent été victimes d’abus physiques et sexuels. Autre exemple :

Dans les sociétés patriarcales du Sud mondial, les femmes assument de nombreuses tâches quotidiennes. Elles s’occupent par exemple de l’eau et de la nourriture pour la famille. Pour ce faire, les femmes doivent marcher, aller loin dans les régions arides de Madagascar – souvent dix, parfois jusqu’à vingt kilomètres. Quand elles rentrent chez elles, elles ne peuvent pas boire l’eau, peu importe à quel point elles sont épuisées. C’est d’abord au tour des hommes, puis des enfants, puis des animaux. À la fin, les femmes peuvent boire, s’il leur reste quelque chose. Il en va de même pour l’approvisionnement en nourriture.

Marie Kolo dit avoir été rebelle dès l’âge de 8 ans. C’est quelques années plus tard, quand une usine textile s’est implantée non loin de chez elle et a commencé « à changer la couleur des champs », que Marie Kolo se met à militer. Sa pétition contre la pollution atmosphérique d’origine industrielle obtient le succès : l’usine doit fermer peu après. Les femmes qui l’inspirent : Wangari Maathai (« la femme qui plantait des arbres », kenyane, prix Nobel de la paix en 2004) et Vandana Shiva (militante écoféministe indienne, dirigeante de la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles, prix Nobel alternatif en 1993).

Lors des conférences sur le climat, la majorité des délégués sont des hommes, blancs, âgés.

Françoise fait le tour du monde

Françoise fait le tour du monde

À l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, Françoise d’Eaubonne – pour notre plus grand plaisir – a fait un petit tour du monde près de 17 ans après l’avoir quitté.

Espagne. La campagne #VocesVerdesyVioletas, qui s’est déroulée le 8 mars, a été lancée à l’initiative du Conseil des jeunes de Castille-et-León en collaboration avec la Direction générale de la femme du ministère de la Famille et de l’Égalité.

La campagne #VocesVerdesyVioletas vise à sensibiliser la jeunesse au mouvement écoféministe, ainsi qu’à valoriser et à faire connaître certaines des femmes de premier plan de ce mouvement.

C’est pourquoi sur l’affiche de cette campagne (voir plus haut) on peut reconnaître Françoise d’Eaubonne aux côtés de Vandana Shiva, de Wangari Maatha et d’autres femmes en lutte.

Portugal. L’Alliance française a célébré la journée du 8 mars par une série de manifestations, dont un débat sur « l’écologie et le féminisme ».

C’est une écrivaine française, Françoise d’Eaubonne, qui a introduit pour la première fois le terme « écoféminisme » en 1974 afin « d’attirer l’attention sur le potentiel des femmes à mener une révolution écologique ». Ce concept devrait à l’origine permettre « d’explorer la nature des liens entre la domination injustifiée sur les femmes et la nature » et, plus généralement, montrer que le patriarcat et le capitalisme oppriment la nature autant que les femmes.

Grande-Bretagne. Julie Gorecki vient de publier chez l’éditeur Verso un article en ligne consacré à l’écoféminisme selon Françoise d’Eaubonne. Après avoir avoir abordé Le Féminisme ou la Mort (dont la traduction anglaise par Ruth Hottell paraît ce mois-ci chez le même éditeur) et Écologie/Féminisme, révolution ou mutation ?, Julie Gorecki  se tourne vers le présent.

D’un point de vue féministe, nous avons assisté à une escalade des attaques contre les droits reproductifs et la santé dans le monde entier, à une crise transfrontalière du féminicide et à la poursuite de la subordination mondiale de tous les corps et de tous les pouvoirs des femmes (cis et trans). Ce sont des formes actuelles de domination sexospécifique qui ressemblent de manière frappante à ce que d’Eaubonne a dénoncé en 1974.

Toujours chez Verso, Caroline Goldblum présente la parution aux États-Unis de la traduction anglaise du Féminisme ou la Mort.

C’est une réelle satisfaction pour moi de savoir que Feminism or Death sera finalement publié aux États-Unis près de cinquante ans après sa première publication en France en 1974. Grâce à une nouvelle vague de féminisme et à une plus grande prise de conscience des questions climatiques mises en évidence par une jeune génération comme Greta Thunberg, Françoise d’Eaubonne et sa théorie écoféministe bénéficient d’un nouvel intérêt et l’éradiquent de l’oubli dans lequel elle était tombée.

Mexique. Qu’est-ce que l’écoféminisme et pourquoi reconnaître son combat ?, demande El Financiero.

Françoise d’Eaubonne parle d’une domination indiscutable de l’homme dans toutes les sphères de gouvernement et dans toutes les institutions qui ont conduit à la crise socio-environnementale. Cela a permis de poser toutes les bases de ce modèle de développement dans lequel nous vivons, qui dépend du développement, de la production et de l’exploitation prédatrice qui profite de la nature mais aussi du travail des femmes.

France. Sud-Ouest, lui aussi, se pose la question de savoir ce qu’est l’écoféminisme. Le quotidien souligne qu’après « avoir fait des émules à l’étranger, l’écoféminisme fait son grand retour en France ».

L’accélération de la prise de conscience écologique et la libération de la parole des femmes, notamment avec le mouvement #MeToo dénonçant les prédateurs sexuels […], ont remis sur le devant de la scène ce concept né il y a plus de quarante ans.

Sur Twitter. De son côté, le journaliste David Dufresne, suivi par plus de 129 000 followers, a annoncé la mise au monde de notre site.

Bienvenue dans la galaxie Françoise d’Eaubonne !

Bienvenue dans la galaxie Françoise d’Eaubonne !

Nous avons voulu cet espace à l’image de Françoise : vivant, foisonnant, coloré et, disons-le, hors des sentiers battus du web. Car Françoise elle-même n’était pas « du genre à marcher trop loin des précipices », (Élise Thiébaut, L’Amazone verte). Véritable force vitale, elle ne cesse de nous inspirer.

À chaque seconde, et sans avoir forcément besoin de chanter en chœur ou de relire Rimbaud, je m’apprête à être heureuse. (Citation tirée de « Jusqu’à la gauche »).

Notre projet :

  • offrir à toustes celleux qui passeront par là une Françoise personnelle, à travers sa biographie, mais aussi des dimensions plus intimes comme ses dessins (son jardin secret), ses chansons (à venir), des interviews, etc… Cette Françoise, c’est la nôtre, personnelle et située. Tout en étant rigoureux, nous ne prétendons pas à une fantasmatique « vérité historique » : Françoise est un bien commun que l’on reste libre de se représenter à sa manière ;
  • donner l’accès aux cherchaires (autaires, universitaires…) à des documents oubliés ou inconnus (en complément au fond Françoise d’Eaubonne de l’IMEC), articles de presse, certaines de ses correspondance (ceci n’est qu’un tout début). Et aussi – dans un avenir que nous espérons proche –, les échos, les débats, les analyses que ses écrits et sa militance ont pu et pourront inspirer ;
  • pour nous, Françoise est bien vivante. Son actualité, en France et de par le monde, est foisonnante. Elle se recoupe principalement avec celle de l’écoféminisme. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous la suivons semaine après semaine. Rééditions, évènements, articles de presse, productions audiovisuelles – nous vous tiendrons informés.

Comme vous le constaterez certaines sections, en cours de construction, restent pour l’instant inaccessibles. Il y a tant à faire !

Dans la galaxie Françoise d’Eaubonne, c’est la bande à d’Eaubonnot, informelle et mouvante, qui vous parle depuis la Terre en ce 8 mars : Vincent, Alain, Aurore, Danielle, Élise, Karine, Manon, Nicolas, Ruth… en sont des représentantz [oui, z, le pluriel de genre neutre] mais sans exclusivité. Elle se veut ouverte aux commentaires, contributions, participations (par exemple, pour les notes de lecture de la section Bibliographie) ; à cette fin, vous trouverez ici ou là un lien de contact pour initier l’échange.

Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à explorer que nous en prenons à construire. N’hésitez pas à diffuser largement l’info.

Bienvenue !

Séminaire « Penser/Repenser le genre » à l’Université de Lille

Séminaire « Penser/Repenser le genre » à l’Université de Lille

Dans le cadre du séminaire doctoral SHS « Penser/Repenser le genre », l’Université de Lille organise une Journée d’études « Écoféminismes » le vendredi 11 mars 2022. De nombreux-ses participants-es sont prévus-es au programme de cette journée, notamment Catherine Larrère, professeure émérite en philosophie, et Geneviève Pruvost, chargée de recherche au CNRS. Caroline Goldblum, historienne, interviendra en matinée sur le thème « Françoise d’Eaubonne à l’origine du mouvement écoféministe en France ». En 2019, elle a fait éditer au Passager clandestin un petit ouvrage intitulé Françoise d’Eaubonne et l’écoféminisme.