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Paris, Le Seuil, édition de poche, préface Pauline Harmange, septembre 2023
Ce roman de 1982 conte l’histoire d’une Amazone, Thécla, qui, après avoir bu certaine potion, traverse les temps et croise de grands moments de l’Histoire. Pour la première fois, le mythe de l’immortalité est incarné par une femme. Ce prodigieux roman d’aventures nous amène à la rencontre d’Alexandre le Grand, à la découverte de l’Amérique par les Vikings, aux formidables machines conçues par Leonard de Vinci, à la guerre de Vendée,… jusqu’au nazisme puis à Mai-68.
Paris, Le Passager Clandestin, préface Geneviève Pruvost, 349 pages.
Depuis la publication du Féminisme ou la mort en 74 et la parution de sa recherche érudite Les Femmes avant le patriarcat, en 76, Françoise d’Eaubonne a complexifié sa vision de l’écoféminisme.
À contre-courant du féminisme réformiste, qu’elle qualifie de féminisme-de-maman, mais aussi du féminisme marxiste, d’Eaubonne ajoute deux dimensions à l’analyse de l’exploitation (la nature et les pays du Sud) : se libérer, en tant que femme, sur le dos de la planète et des petites mains subordonnées n’est pas un horizon émancipateur. Comment oublier qu’en bout de chaîne se trouvent des femmes courbées dans des champs à l’autre bout du monde ? (Geneviève Pruvost, 2022)
Vauvert, Au diable vauvert, collection Nouvelles Lunes, préface Taous Merakchi, 109 pages.
Le sexocide dont parle Françoise d’Eaubonne dans ce texte, le traitement réservé aux « sorcières » lors de la chasse qui a été menée contre elles, n’était qu’un prétexte. C’était une astuce parfaite, adaptée à l’époque dans laquelle ces événements s’inscrivent, pour justifier la torture et le meurtre des femmes. Le Malleus Maleficarum de Kramer et Sprenger serait traité aujourd’hui comme le manifeste d’un incel, lâché sur la toile quelques heures avant d’aller commettre sa tuerie de masse dans un lieu fréquenté essentiellement par des femmes. (Taous Merakchi, 2023, préface) Juliette Arnaud évoque le livre à la matinale de France-Inter.
Les procès en sorcellerie couvrent une immense période historique qui commence en 1350 pour s’achever à la Révolution Française. Elle est pour la quasi-totalité concentrée entre 1500 et 1700 et bat son plein entre 1600 et 1680, au moment où se construit l’Etat moderne et naît l’Académie Française, ce qui n’est pas sans rapport puisqu’elle institue le masculin universel dans la langue française.
Il s’agit de soumettre les femmes et la nature (la forêt devient le lieu du sabbat des sorcières) et de contrôler les espaces naturels pour contrôler les populations à une époque où l’on échappe encore à l’Etat en se réfugiant dans des lieux inaccessibles. Face aux épidémies que le pouvoir civil est impuissant à combattre, et aux atrocités des guerres de l’Epoque Moderne, il faut un bouc émissaire pour détourner la colère. La Femme (et le féminin en l’humanité) déjà dénigrée par la Religion en est un commode. Il permet aussi d’éradiquer les savoirs populaires au profit des institutions (santé, par exemple) en interdisant la pratique d’un grand nombre d’activités aux femmes.
À la fin des procès en sorcellerie, c’est le Code Civil qui prend le relais pour faire des femmes des mineures à vie sous la « responsabilité » du père puis du mari. S’il a beaucoup évolué, et particulièrement au XXeme siècle, certaines dispositions aujourd’hui obsolètes n’ont pas encore été expurgées du droit. Qu’est-ce qui nous garantit qu’à l’avenir elles ne seront pas réactivées ? Rien n’est définitivement acquis, vigilance !
La grande Anne Sylvestre qui, si elle n’avait pas été femme, aurait eu la reconnaissance d’un Brel ou d’un Brassens tant son œuvre soutient la comparaison, est l’autrice de la magnifique chanson qui suit. Et, parmi toutes les reprises que j’ai pu entendre, celle-ci me parait particulièrement bonne.
Paris, Éditions Cambourakis, préface Isabelle Cambourakis, 268 pages.
Publié en 1978 dans une maison d’édition féministe, le livre rassemble divers écrits et poèmes de d’Eaubonne rédigés à partir de 1975 en réaction à certains évènements, dont la mort en prison de la militante de la Rote Armee Fraktion (RAF) Ulrike Meinhof en mai 1976 et celle de quatre de ses camarades en octobre 1977. Une partie de ces textes ont été écrits à vif, certains ont été retravaillés plusieurs fois avant publication. La lecture de cet ouvrage pose la question des évolutions et ajustements de l’engagement de d’Eaubonne au fil du temps. (Isabelle Cambourakis, 2022)
« Ce livre est une réflexion urgente sur le Pouvoir et sur la Violence. Françoise d’Eaubonne a une façon unique de tirer à boulets rouges sur ceux qui, emprisonnant ainsi toutes réflexions, amalgament la Contre-violence avec la Violence. Démontant avec brio l’hypocrisie de notre société : « La non-violence est l’hommage qu’un monde violent rend à l’idée d’une société sans violence » ! Poursuivant sa réflexion, elle s’attaque à la source : LE pouvoir. Elle pointe la nécessité de LE détruire et de reprendre NOS pouvoirs, celui que chacun peut exercer sans limite.
Enfin elle fait mouche avec son coup d’estoc final, quand elle lance au futur : un jour ce sera la « Mutinerie des femmes contre la Société de Pouvoir ». » (Manon Soavi)
Retrouvez le texte complet de Manon Soavi en lecture libre ici.
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