1980 : Feminism or Death

Schocken Books, USA

Traduction partielle d’Ynestra King dans New French Feminisms : An Anthology du livre le plus connu de Françoise, Le Féminisme ou la Mort, dans lequel elle emploie le néologisme « écoféminisme » pour la première fois.

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1980 : La nature de la crise

1980 La nature de la crise

En 1980, le n° 20 de Sorcières, les femmes vivent publie 6 pages de Françoise. Elle y résume son long travail pour débusquer les causes premières de nos aberrations. Le recul du temps ne fait que renforcer sa plume et, malgré des rappels anthropologiques qui pourront parfois être datés, elle en vient à l’essentiel dans deux dernières pages fulgurantes.

« S’en prendre au Capital n’est que s’en prendre à la pointe de l’arme qui nous blesse et nous déchire ; le manche de l’arme plonge dans la nuit des temps, il se nomme patriarcat, il se nomme civilisation mâle au schéma universel. (…) Le maintien de l’âge industriel (…) c’est la fin du monde terrestre dans trente à cinquante ans. On ne peut dépasser cet âge-là en conservant un système de profit. On ne peut abolir ce système de profit en conservant une société de classes, à savoir un besoin de pouvoir. On ne peut abolir le pouvoir en conservant le monde patriarcal et masculin. C.Q.F.D. L’avenir de l’espèce est entre nos mains. »

Françoise d’Eaubonne

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1980 : Kønskampens historie

Édition Alfehjul, 120 pages.

Traduction en danois par Merete Aaberg de Les Femmes avant le patriarcat, le titre signifiant quelque chose comme L’Histoire de la lutte pour l’égalité des sexes selon DeepL.

En créant l’écoféminisme, le génie de Françoise n’aura pas été d’apporter un concept nouveau : il aura été de nous relier avec une réalité immémoriale, celle des cultures pré-patriarcales de notre aire  géographique, que le rationalisme du XVe siècle puis l’humanisme des Lumières auront tenté d’éradiquer dans notre culture occidentale, maintenant à la pointe de la déshumanisation.

Vincent d’Eaubonne, in préface pour l’édition italienne, 2024

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1979 : On vous appelait terroristes

Yverdon, Kesselring, 389 pages.

Livre entamé suite à la mort d’Ulrike Meinhof en prison, On vous appelait terroristes propose une biographie partielle, romancée et polyphonique, des protagonistes de la Fraction Armée Rouge allemande. Chaque chapitre se concentre sur l’expérience que chacun d’entre eux fait (à la mort de Katrina, Ulrike Meinhof) à propos du mouvement, de sa création et des premiers attentats. C’est l’engrenage fatal de la contre-violence qu’y met en scène Françoise d’Eaubonne. Elle montre comment ces jeunes personnes, militants proches de la non-violence au début du roman, arrivent progressivement à la conviction qu’une violence armée est le seul recours efficace qui leur reste pour lutter contre les crimes d’État.

On vous appelait terroristes est un titre dénonciateur : les « guerillos urbains » ne sont pas, selon d’Eaubonne, des « terroristes », mais des militants de la « contre-violence ». (Aurore)

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1979 : Moi, Kristine, reine de Suède

Encre, collection Mémoire des Femmes, 273 pages. (Réédition, original paru sous le titre Je m’appelle Kristine, 1959).

Les Mémoires d’Hadrien, le monument de Marguerite Yourcenar, ne peut que nous revenir à l’esprit à la lecture du roman de Françoise. Et ce n’est pas les indices transparents qu’elle a laissés qui infirmeront ce constat. On pourrait penser à une imitation stylistique, alors qu’il faut y voir ce que ces deux grandes autrices partageaient : une vraie connaissance des Grecs et des Latins.

Connaissance que Françoise met au service de son propos qui, toujours, aura été de dire : Femmes ! Soyez fières d’être ! C’est bien grâce à ce propos que j’aurai tout naturellement, dès mes lectures d’enfance, été amené à considérer qu’un héros épique pouvait aussi bien être une héroïne.

Avec Kristine de Suède, Françoise brosse une figure historique à la hauteur de son intention. Amie et correpondante des plus grandes figures intellectuelles et scientifiques de son siècle, cheville ouvrière du traité de Westaphalie, aventureuse et batailleuse, diplomate et pacificatrice, la Reine Kristine fut sans conteste l’un des plus importants personnages de l’Europe de son époque. (Vincent)

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1978 : Feminismus und « Terror »

Titre original Contre-Violence ou la résistance à l’Etat, traduction Regina Weiss, München : Trikont Verlag, 1978, 149 pages

Une publication qui, pour des raisons de contenu et d’édition, semble aussi douteuse que confuse et doit être considérée de manière extrêmement critique. Nous en resterons à trois citations.

Note de l’éditeur : « Le féminisme et la ‘terreur’ est en premier lieu un débat au sein du mouvement féministe. Sur le plan du contenu, nous n’avons pas la même appréciation du texte. Mais nous sommes toutes d’avis que les questions abordées doivent trouver un espace en RFA, ce qui est loin d’être évident depuis les interdictions littéraires ».

Note de la traductrice : « En accord avec l’auteur, le premier chapitre de l’édition française « La guérilla urbaine » et l’annexe 1 de « Reunion des Dissidents » n’ont pas été traduits. Ont été ajoutés l’essai « Femmes, révolution et mouvement ouvrier » ; le texte sur Rita Brown et, légèrement raccourci, un commentaire sur le livre de Peter Brückner : « Ulrike Meinhof und die deutschen Verhältnisse ».

Texte de la couverture Citation : « Le texte est complété par une postface critique et solidaire d’Evelyn Le Garrec, qui explique pourquoi, à ses yeux, les formes féminines de lutte militariste clandestine, même pour un mouvement féministe politiquement critique, ne sont pas défendables ». (Herbert Kapfer)

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