Une épopée écoféministe

Une épopée écoféministe

 

C’est le 2 mars, à 22 h 45, que sera diffusé sur France 3 Région Pays de la Loire et Région Grand-Est le documentaire de la réalisatrice Manon Aubel intitulé Françoise d’Eaubonne – Une épopée écoféministe. Vincent nous en a signalé, il y a quelques jours, les projections en avant-premières à Strasbourg et à Nantes.

« Les concepts de féminisme et d’écologie vous sont très probablement familiers. Mais connaissez-vous l’écoféminisme ? Il y a plus de cinquante ans, la femme de lettres Françoise d’Eaubonne a théorisé ce concept. Elle s’est engagée corps et âme dans cette lutte contre le patriarcat pour un monde plus respectueux des femmes et de la planète. »

Le documentaire est déjà accessible en ligne, sur le site de France 3 Régions, accompagné d’un article de présentation. Et le site web Rue89 Strasbourg publie une interview de la réalisatrice.

Sur la photo ci-dessus, on aperçoit Caroline Goldblum (historienne, autrice de Françoise d’Eaubonne et l’écoféminisme) et Élise Thiébaut (autrice de L’Amazone verte – Le roman de Françoise d’Eaubonne) faisant des recherches dans le fonds d’Eaubonne à l’Imec (Institut Mémoire de l’édition contemporaine).

Avant-premières

Avant-premières

La réalisatrice Manon Aubel  vient de finir un documentaire : Françoise d’Eaubonne, une épopée écoféministe, une co-production Sancho and Co et France Télévision.

Vous êtes cordialement invité(e)s aux avant-premières, c’est gratuit sur inscription :

23 février à Strasbourg,  au cinémat Star, à 20 heures (se renseigner auprès du cinéma) ;

 

28 février à Nantes, au Cinéma Concorde, à 20 heures.

Par ailleurs, le film sera diffusé en 2ème partie de soirée sur France 3 Région Pays de la Loire et France 3 Grand-Est le 2 mars.

Présentation :

« Dans les années 1970, Françoise d’Eaubonne détonne dans le paysage intellectuel français. À 50 ans, l’autrice a déjà remporté plusieurs prix littéraires et publié une quarantaine de romans et essais, mais reprend de plus belle son combat militant. Elle est la première à définir l’écoféminisme, dénonçant l’oppression commune des femmes et de la planète comme conséquence du patriarcat. Elle participe aux actions du MLF (Mouvement de Libération des Femmes), à la création du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) et théorise la contre-violence, allant jusqu’à saboter le chantier de la centrale nucléaire de Fessenheim. »

Le Mois du genre, à Angers

Le Mois du genre, à Angers

Créé en 2017, le Mois du genre est une manifestation imaginée par le programme de recherche GEDI (GEnre et DIscriminations sexistes et homophobes) et désormais portée par l’Université d’Angers et sa mission Égalité.
En février-mars, des événements sont proposés (conférences, ateliers, projections, spectacles…), gratuits et ouverts à toutes et à tous, permettant les échanges entre le grand public, les scientifiques et des artistes.

C’est ainsi que l’université d’Angers (Maine-et-Loire) présente la série de conférences et de rencontres intitulée Le Mois du genre et centrée autour de l’écoféminisme. Lors de la conférence inaugurale, Jeanne Burgart-Goutal (agrégée de philosophie et professeure de yoga) et Juliette Cottin (animatrice du podcast The F* Club) proposeront une approche du concept d’écoféminisme. Notons également la présence de Geneviève Pruvost (sociologue du travail et du genre, médaille de bronze du CNRS, et préfacière de la réédition, à paraître le 3 mars, de l’ouvrage de Françoise d’Eaubonne Écologie/Féminisme – Révolution ou mutation ?) qui traitera des liens entre la danse, le féminisme et l’écologie avec Anne Collod (danseuse contemporaine et chorégraphe).

Le 15 mars, une table ronde sera consacrée au parcours de Françoise d’Eaubonne et à l’empreinte que l’autrice et activiste a laissée, et réunira pour cela Christine Bard (professeure en histoire contemporaine àc l’université d’Angers, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre), Caroline Goldblum (historienne, autrice de Françoise d’Eaubonne et l’écoféminisme, paru en 2019 au Passager Clandestin) et Anna Trespeuch-Berthelot (maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Caen Normandie). Bien d’autres manifestations sont au programme, dont certaines se dérouleront non à l’université d’Angers mais sur le campus du Choletais, à Cholet.

5 questions sur l’écoféminisme

5 questions sur l’écoféminisme

Usbek & Rica, « le média qui explore le futur », pose, dans un article récent, cinq questions sur l’écoféminisme :

Né dans les années 1970, l’écoféminisme refait surface dans un contexte d’urgence climatique. On essaie de vous en présenter l’héritage et les ambiguïtés, à la suite de plusieurs conférences organisées ces dernières semaines sur le sujet.

Usbek & Rica nous informe également d’une exposition intitulée Histoires vraies, « une expo méta qui questionne la frontière entre réalité et fiction », qui se tient du 4 février au 17 septembre au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (à Vitry-sur-Seine). Le texte de présentation de cette expo m’a stupéfié :

Aller-retours incessants vers les bouleversements politiques et technologiques les plus commentés du moment, du métavers à la Mark Zuckerberg aux utopies éco-féministes imaginées par Françoise d’Eaubonne en passant par l’explosion du travail au clic.

De Mark Zuckerberg à Françoise d’Eaubonne ! Saperlipopette ! quel raccourci !

3 nouvelles rééditions au mois de mars

3 nouvelles rééditions au mois de mars

Nous vous l’avons annoncé voilà quelques semaines, mars verra éclore trois nouvelles rééditions de livres de Françoise. En voici les présentations faites par les éditrices respectives.

Le Sexocide des sorcières

(sortie le 9 mars aux Ed. Le diable vauvert, coll. Nouvelles lunes)

Du XVe au XVIIe siècle, l’Europe chrétienne (catholique comme protestante) fut prise d’une brusque frénésie contre la sorcellerie. Des dizaines de milliers de personnes, accusées à tort ou à raison de pratiques démoniaques, furent torturées avant de se retrouver dans les flammes des bûchers. L’écrasante majorité des victimes furent des femmes. Il n’y a là aucun hasard.
Dans ce pamphlet paru en 1999, Françoise d’Eaubonne pose l’hypothèse, vingt ans avant Mona Chollet, que la chasse aux sorcières est d’abord une guerre contre les femmes, leurs pratiques et leurs pouvoirs réels ou supposés. Elle invente, en passant, le mot sexocide, comme elle a inventé les mots phallocrate et écoféminisme.

Contre-violence ou la Résistance à l’État

(sortie le 1er mars aux Ed. Cambourakis)

Les théories radicales de l’écrivaine Françoise d’Eaubonne et ses pratiques de sabotage révélées depuis quelques années font de sa vision singulière de l’écoféminisme un objet de réflexion pour toute une nouvelle génération militante qui s’interroge, à l’heure de l’urgence climatique, sur les stratégies à mettre en œuvre, incluant les sabotages et l’action directe spectaculaire dans l’espace public.
Publié en 1978, Contre-violence ou la Résistance à l’État, ouvrage introuvable depuis longtemps, rassemble plusieurs textes sur les rapports entre féminisme et violence politique.

Cette réédition est accompagnée d’une présentation historique dans laquelle Isabelle Cambourakis remet en perspective la trajectoire politique de d’Eaubonne, depuis son enfance dans les années 1920 et 1930 jusqu’à l’activisme radical des années 1970.

Écologie/Féminisme – Révolution ou mutation ?

(sortie le 3 mars aux Ed. Le Passager clandestin)

Dans cet essai publié en 1978, Françoise d’Eaubonne montre que l’exploitation de la nature et l’oppression des femmes ont un dénominateur commun : le patriarcat. Si les hommes se sont au cours des siècles approprié la fertilité des femmes et de la terre, un autre seuil a été franchi avec l’expansion du capitalisme à l’échelle mondiale : c’est la vie même qui est désormais menacée.
Rejetant l’injonction permanente à la croissance démographique et économique, la pionnière française de l’écoféminisme insiste sur les limites de la planète et épingle les responsables. Face à l’incapacité des hommes au pouvoir à gérer la crise écologique et politique, il revient aux femmes de reconquérir leur fécondité et d’œuvrer à la mutation vers une société écologique, égalitaire et autogestionnaire. Car seule une mue écoféministe de l’humanité nous permettra de préserver ce qu’il reste de l’environnement.
La sociologue Geneviève Pruvost éclaire d’un jour nouveau ce brûlot visionnaire pétri d’humour et source d’inspiration pour renouveler les stratégies et l’imaginaire collectif, écologique et féministe.

Afin de lancer ces trois nouvelles rééditions, une soirée sera organisée le jeudi 23 mars à l’Espace Des Femmes, à Paris, avec notamment la participation des éditrices, celles de Geneviève Pruvost, de Taous Merakchi, de Vincent d’Eaubonne et de ma pomme. On vous y attend nombreuses et nombreux. Notez la date dans vos agendas. Nous aurons l’occasion de vous donner plus de détails d’ici-là.

Un parc F. d’Eaubonne à Lyon. Un autre à Lomme ?

Un parc F. d’Eaubonne à Lyon. Un autre à Lomme ?

Savez-vous qu’il existe, depuis plusieurs années, une rue Françoise d’Eaubonne à Toulouse et une venelle Françoise d’Eaubonne à Nantes ? De son côté, la ville de Lyon a décidé de baptiser un de ses jardins du nom de l’autrice et activiste ; l’inauguration aura lieu le 10 mars prochain. Et nous venons d’apprendre que la ville de Lomme, commune associée à Lille, située dans le département du Nord et la région des Hauts-de-France, va accueillir un nouveau parc en son centre.

Le parc (…) est conçu avec les habitants tout au long de l’élaboration du projet. Cette consultation continue aujourd’hui car la ville vous laisse le choix quant au futur nom du parc. Une seule condition : il portera le nom d’une femme remarquable.La Ville a fait le choix de proposer au vote 6 noms de femmes remarquables qui toutes, par leur parcours et leurs actions, méritent d’être mises en avant.

Et parmi les six noms proposés, on trouve – vous l’avez deviné – celui de Françoise. Il semble que tout le monde peut voter, alors n’hésitez pas à le faire ; vous avez jusqu’au 26 février pour cela.