1966 : Les Monstres de l’été

Paris, Julliard, 464 pages.

La deuxième partie des « mémoires précoces » de Françoise débute par ces mots :

« Berlin-Est, 12 mars 1965 (jour de mon anniversaire). – Mon guide veut absolument proposer de donner mon nom à une rue de Berlin-Est. Je n’ai pas mérité « cet excès d’honneur » ; si je l’accepte, c’est que pour la plupart ce sera une « indignité ». »

L’autrice poursuit dans ce texte la rédaction de ses souvenirs de la fin de la Seconde guerre au début des années 60, après un premier volume, Chienne de jeunesse, qui retraçait son parcours de 1930 à 1945. (Alain)

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1966 : Une femme témoin de son siècle – Germaine de Staël

Paris, Flammarion, 283 pages.

Dans sa préface à Histoire de l’art et lutte des sexes, Fabienne Dumont souligne la richesse des anecdotes historiques qui accompagnent les portraits de Mme Récamier par David et Ingres. Nul doute que Françoise s’est appuyée sur sa documentation constituée la décennie précedente pour sa Germaine de Staël.

La proximité, voire la familiarité, de Françoise avec les personnages et l’époque est frappante, donnant le sentiment qu’elle fait non pas œuvre d’historienne et de biographe, mais plutôt de contemporaine et de voisine.

Car elle n’a pas oublié l’accueil réservé par Napoléon à quelques unes de ses grandes tantes. Lui rapportant des papiers d’importance de l’Ile de France d’où elles avaient dû s’exiler, puisque devenue l’Ile Maurice à sa prise par les anglais, elles avaient demandé un échange un subside pour créer une école de jeunes filles. Voilà qui n’a pas du tout plu au despote lequel, professant que La femme appartient à l’homme comme l’arbre à fruit est au jardinier, considérait donc comme pernicieux toute éducation féminine qui pouvait détourner du rôle assigné, fin de non-recevoir.

C’est par une écriture de bruit et de fureur, à l’image de la vie  de Germaine de Staël, que Françoise nous conte son destin. La fille de Necker, et plus grande plume du XIX siècle naissant, que l’Empereur avait en détestation n’a jamais plié devant lui, en en payant le prix. Le portrait est riche, nuancé et savant, sans jamais verser dans l’hagiographie, mais lui rendant sa place dans les Lettres et la politique, à l’image de ce qu’elle fit pour Christine du Suède : l’une des premières, puisqu’elle sauva Talleyrand (qui s’empressa de la trahir), obtint des concessions de l’inflexible Fouché et eut l’oreille des plus grands princes européens tout en produisant un œuvre qui étonnera par son intelligence Hugo, Chateaubriant et tant d’autres.

C’est pourquoi le titre ne me semble pas tout à fait adapté : plus que témoin de son siècle, elle en fut une actrice, et majeure, allant jusqu’à inspirer une coalition antinapoléonienne des Etats du Nord de l’Europe. Et Le Corse ne s’y était pas trompé qui, la faisant surveiller jour et nuit, était capable de réciter son emploi du temps tout en menant ses batailles à l’autre bout de l’Europe.

Reste une dernière question : pourquoi ce génie politique et philosophique n’a-t-il pas été au programme de mes études, encombrées par tant de plumes de bien moindre importance ?

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1966 : Porträt des Genius Honoré de Balzac

Titre original Balzac que voici, traduction Julia Tardy-Marcus, Bertelsmann Lesering, 1966, 112 pages

Dans son essai biographique, Françoise cite entre autres Friedrich Engels qui, en avril 1888, écrivait à Margaret Harkness à propos de Balzac que ses sympathies appartenaient « à la classe condamnée à périr » et que, pourtant, il avait plus appris de Balzac « que de tous les historiens, économistes et statisticiens professionnels de l’époque réunis ».

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