1972 : Appelez-moi salope

1972 : Appelez-moi salope

Appelez-moi salope ! Pour « établir une véritable unité d’action entre homosexuels et leurs sœurs lesbiennes », Françoise, et à travers elle le FHAR, sort en 1972 un journal ronéoté avec les moyens du bord qui affiche fièrement ce titre provocateur. « Les homosexuels d’Amérique ont à leur disposition le mot « gay » qui n’établit pas de distinction de sexes. Dans notre langue natale, il n’existe pas de genre neutre entre le masculin et le féminin. Il faudrait peut-être en inventer un », suggère l’autrice. Alors pourquoi pas le mot « salope » ?
Appelez-moi salope ne connaîtra pas de suite après ce numéro 1. Daniel Guérin quittera le FHAR peu de temps après, suivi par Françoise d’Eaubonne, déçue que le mouvement se soit transformé en simple lieu de drague.

« Nous pensons que le FHAR doit partir de cette donne pour établir une véritable unité d’action entre homosexuels et leurs sœurs lesbiennes. Répétons qu’ils n’y parviendront qu’en considérant D’ABORD en elles les femmes opprimées en tant que femmes avant de l’être en tant qu’homosexuelles ; car eux, les hommes, ils ne sont réprimés qu’en tant qu’homosexuels ; jamais en tant qu’hommes. »

Françoise d’Eaubonne

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1972 : Le Féminisme, histoire et actualité

Paris, Alain Moreau, 400 pages.

Cet ouvrage est un très dense essai sur l’histoire du féminisme, de l’Antiquité aux débuts des Mouvements de Libération des Femmes états-unien et français. Françoise d’Eaubonne y analyse ces « faits historiques primordaux » que sont « le phallocratisme, le sexisme, puis le féminisme ». En s’appuyant sur une très grande diversité de références (psychanalytiques, anthropologiques, historiques, littéraires…), elle analyse à la fois comment s’est élaborée et maintenue la discrimination sexiste à travers les siècles et les pays, et combien les femmes ont toujours tenté de s’insurger contre elle – bien que leurs révoltes aient été étouffées par différents moyens. Au passage, Françoise d’Eaubonne expose l’ampleur du travail opéré par les prédécesseuses, en retraçant l’histoire culturelle du féminisme occidental – surtout, mais pas seulement, centré sur le cas français –, en proposant extraits de discours ou d’œuvres, en les commentant. C’est un ouvrage qui raconte l’histoire des révolutions féministes, de ses échecs et étranglements successifs à l’avènement du MLF. (Aurore)

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1972 : Avis au flikiatres et aux hétéroflics

1972 : Avis aux flikiâtres et aux hétéroflics

 

1972. Dans une interpellation enflammée signée par l’Internationale Homosexuelle Révolutionnaire, de Bruxelles, Françoise déclare la guerre au congrès de psychiatres sur les « déviations sexuelles » qui doit se tenir sous peu à San Remo. Par ce vigoureux Avis aux flikiatres et aux hétéroflics, elle prévient :
« À San Remo, vous nous trouverez debout ! »

Françoise d’Eaubonne

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1972 : La féminitude

1972 la féminitude V2
1972. Le MLF existe depuis trois ans ; le FHAR, lui, est en pleine déclin. Dissensions et controverses : Daniel Guérin le quitte, Françoise d’Eaubonne aussi. L’autrice et militante va rejoindre provisoirement le journal Le Fléau social, mais le quittera quand celui-ci s’éloignera de la vie politique. Dans le n° 2 de ce journal, paru en octobre 1972, Françoise s’interroge sur « la féminitude » en mettant en avant sa conviction qu’il n’existe pas de « nature de femme » :
« Il n’existe pas plus de femme essentielle que de prolétaire prédisposé ou de criminel-né. »

Françoise d’Eaubonne

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