1972 : Appelez-moi salopeAppelez-moi salope ! Pour « établir une véritable unité d’action entre homosexuels et leurs sœurs lesbiennes », Françoise, et à travers elle le FHAR, sort en 1972 un journal ronéoté avec les moyens du bord qui affiche fièrement ce titre provocateur. « Les homosexuels d’Amérique ont à leur disposition le mot « gay » qui n’établit pas de distinction de sexes. Dans notre langue natale, il n’existe pas de genre neutre entre le masculin et le féminin. Il faudrait peut-être en inventer un », suggère l’autrice. Alors pourquoi pas le mot « salope » ?
Appelez-moi salope ne connaîtra pas de suite après ce numéro 1. Daniel Guérin quittera le FHAR peu de temps après, suivi par Françoise d’Eaubonne, déçue que le mouvement se soit transformé en simple lieu de drague.
« Nous pensons que le FHAR doit partir de cette donne pour établir une véritable unité d’action entre homosexuels et leurs sœurs lesbiennes. Répétons qu’ils n’y parviendront qu’en considérant D’ABORD en elles les femmes opprimées en tant que femmes avant de l’être en tant qu’homosexuelles ; car eux, les hommes, ils ne sont réprimés qu’en tant qu’homosexuels ; jamais en tant qu’hommes. »
Françoise d’Eaubonne