1960 : La vie passionnée de Verlaine

Paris, Seghers, 349 pages.

 » 1896 ; un dur hiver noircit les vitres de Paris ; la neige a couvert les trottoirs d’un drap épais, puis a fondu ; on attend à nouveau qu’elle tombe. Chaque bec de gaz crache sa flamme jaune au cœur d’une plume de paon, irisation des gouttelettes de la brume.

Rue Descartes, au carreau d’un garni, un papillon rouge vacille, tremble et rouvre ses ailes ; c’est une lampe à pétrole dont la mèche noircissante va mourir. Le vieux malade est tombé sur le carrelage ébréché. Sa chemise de nuit, crasseuse, est remontée sur ses cuisses comme sur le dessin de Daumier « Les Massacres de la rue Transnonnain ». Il grogne et gémit ; il jure. Une de ses jambes, énorme et raide, a la couleur bleue d’une seule monstrueuse ecchymose. Il halète. Il griffe les carreaux avec ses ongles. Il crie : « Eugénie ! » Il se tait. Son souffle bruyant accompagne l’agonie de la lampe. Un fiacre qui passe ébranle les vitres de la maison et un chant d’ivrogne tourne le coin de la rue, vacille, puis disparaît.

Il est étendu par terre, dans sa chemise sale, avec son crâne chauve et sa barbe emmêlée, et il pousse encore quelques jurons ; puis il gémit comme un enfant qui rêve : « Philomène… » Il se tait.

[…]

 » Entre les mains qui le bordent et resserrent les couvertures autour de lui, le vieux se sent filer, tomber dans un trou immense ; une brèche de lumière s’ouvre à travers cette nuit : c’est le pâle soleil de Metz sur les vertes esplanades, à l’heure où sonne la diane étouffée des casernes ; la nuit va descendre, et le petit Paul tend son front ravi aux lèvres de la plus belle des femmes :

—Bonsoir, maman, dit-il. « 

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1960 : The Cheats

Ace Books, New York

Traduction américaine de Les Tricheurs, la novellisation par Françoise du film de Marcel Carné avec Pascale Petit, Jacques Charrier et Laurent Terzieff. 

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1960 : Planète sans adieu

Paris, Arthème Fayard, 26 pages.

Pages 23 à 46 dans ouvrage collectif. Nouvelle de SF : un voyage dans le temps, une héroïne, et un amusant jeu d’imagination sur l’influence des glaciations dans le développement d’Homo.

Si le texte est sans grande conséquence, la patte de Françoise est bien là. Et cela a pu être pour elle un délassant jeu d’écriture, une récréation à ses travaux de fond de ces années-là. (Vincent)

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1960 : Le Temps d’apprendre à vivre

Paris, Albin Michel, 377 pages.

Dans ce roman nerveux, les illusions de l’amour s’entremêlent aux affres du siècle qui ont marqué Françoise : les camps de concentration, les Rosenberg (elle me donnera comme second prénom Julius en leur mémoire), les luttes politiques dans le Paris ce ces années là.

C’est aussi l’histoire de l’émancipation d’une femme, qui a quitté, pour ne plus y revenir, son petit camps de concentration personnel et portatif qu’on nomme amour, pour se consacrer à la peinture ou l’écriture, il lui reste à faire ce choix.

Là encore, il y a beaucoup de l’histoire de Françoise. Ce livre, comme tant d’autres, est une pièce de l’œuvre qu’elle fit de sa vie.

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1960 : Verlaine et Rimbaud ou la fausse évasion

Paris, Albin Michel, 304 pages.

[Si paradoxal qu’il le semble, je crois que le lien de Rimbaud et de Verlaine a été jusqu’ici très mal étudié dans sa nature et sa signification profonde. Jusqu’en 1930, la question qui agita les exégètes fut celle de l’homosexualité ou du platonisme; quand la publication du dossier Dullaert]…[donna raison à Marcel Coulon]…[tous les rimbaldiens semblèrent estimer, puisque cette question était réglée une fois pour toutes, que celle des rapports entre les deux hommes était épuisée du même coup.]

« Alors, tout s’explique », se sont écriés en chœur les rimbaldistes et verlainiens, quand la preuve des relations physiques des deux poètes fut apportée. « C’est maintenant que le véritable problème se pose » leur réplique Françoise dans cet essai.

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