1977 : La mère indifférente

1977 : La mère indifférente

 

Dans ce texte publié en 1977 dans Les Cahiers du Grif, Françoise revendique d’avoir été une « mère indifférente » au lieu d’avoir été une « castratrice à cuisine, lessive, raccommodage… ». Pourtant, elle a connu ce qu’elle appelle « l’instinct maternel », « au niveau le plus animal qui soit ». Mais elle dénonce ce que la société mâle a fait de cet instinct : un « moyen d’oppression et d’aliénation qui ravale la femme au rang de femelle pondeuse ». Ce texte est suivi de l’Appel des femmes du Mouvement éco-féministe à la grève de la maternité (déjà publié en 1974 dans Charlie-Hebdo).

« Cet instinct maternel, je le sais donc réel, mais mystifié, déformé, aliéné et manipulé. Quand une femme parle de son désir d’avoir un enfant, je lui demande toujours d’examiner de près la racine de ce désir. Il peut être authentique ; il y a de grandes chances qu’il ne le soit pas »

Françoise d’Eaubonne

i

1975 : Profession de foi pour l’an 76

1976 Profession de foi
En décembre 1975, Françoise rédigea, dans son journal intime, sa ligne de conduite pour l’année à venir et les années suivantes. Un texte brûlant d’amour et de révolte, où se conjuguaient, dans une fusion ardente, sa haine de l’injustice et du système patriarcal, son amour des opprimé·es et son combat contre « ce qui nous détruit ».
Près de 20 années plus tard, en 1993, Françoise est revenue dans son journal sur cette « profession de foi définitive » :
« En cette année 1993, je suis consciente du ridicule apparent d’avoir écrit une telle profession de foi à l’âge de 56 ans. Mais aujourd’hui que j’en ai 73, je ne la ressens plus comme la manifestation naïve d’une jeunesse n’existant plus. ‘On met longtemps à devenir jeune’ dit Cocteau. Sentir à ce point la vie devant soi, était-ce si outrecuidant ? Suis-je restée fidèle à ces auto-commandements ? Certains me semblent toujours d’actualité. »

Françoise d’Eaubonne

i

1976 : La révolution amoureuse

1976 La Révolution amoureuse
À la grande époque de La Gueule ouverte (journal écologiste et politique fondé en 1972), les colonnes de l’hebdomadaire proposaient des débats qui portaient sur divers sujets, comme la non-violence ou les questionnements sur l’amour et la sexualité. Françoise participait souvent à ces controverses. Dans le numéro daté du 29 décembre 1976, elle répondait à Isabelle Cabut, alors directrice de la publication, en s’attaquant au « mythe de la vie privée » et en promouvant la « révolution amoureuse ».
« Il n’est pas question de supprimer l’amour, mais au contraire de l’étendre. Et de savoir que, sitôt connue cette ‘relation privilégiée’ qui est une des chances de l’humain, elle doit être élargie à plusieurs sous peine de disparaître. »

Françoise d’Eaubonne

i

1976 : De la révolution écologique planétaire aux isoloirs de Lalonde

1976 De la révolution écologique planétaire à l’isoloir de Lalonde

En 1974, Françoise avait participé à la campagne électorale du premier candidat écologiste à l’élection présidentielle française et avait soutenu la candidature de René Dumont alors qu’elle n’avait à-priori jamais voté, (ou peut-être durant sa période au PC, par devoir de parti ? ) ? et ne re-votera jamais plus.

Deux ans plus tard, elle s’est élevée contre les tactiques électoralistes du mouvement écologiste (représenté par Brice Lalonde), fidèle à son positionnement selon lequel voter n’est pas une manière de changer le monde. (Voir Elixir-Élections).

« Au moment des Présidentielles, j’ai soutenu de tout cœur la campagne de René Dumont pour deux raisons : il était inéligible, le savait (…) et le public devait être, de toute urgence, informé des périls les plus criants, le nucléaire et le démographique. »

Françoise d’Eaubonne

i

1976 : Le commando des non-vengeurs

1976 le commando des non-vengeurs

Le 5 mai 1976, Françoise, très en verve à cette période, écrit ce poème en mémoire de ses camarades tombé(e)s en Allemagne, Irlande, Espagne, Chili…

« … Ne vous y trompez pas, notre nom est DEMAIN

Nous respirons devant la porte

Ce bruit léger qui vous réveille ce n’est rien

Dites-vous ?

Pâlissez… »

Françoise d’Eaubonne

i

1976 : Lettre à une GRECE qui n’est pas sans colonels

1976 Lettre au GRECE

Le 3 mai 1976, Françoise répond à l’invitation qui lui est faite à rejoindre le Groupe de Recherche et d’Etude pour une Civilisation Européenne dont l’objet, comme c’est étonnant, est de : défendre, illustrer et prolonger les « bases de la civilisation européenne ».

Cette élite intellectuelle, très au fait de la vie des idées, a jugé opportun de proposer à Françoise d’Eaubonne d’y adhérer. À Françoise d’Eaubonne ! Elle leur répond donc :

« Je n’ai pas plus de goût pour une philosophie ‘européenne’ à faire ricaner les nourrissons que pour la moustache tricolore de Glouton l’enzyme ou les érections piège à cons. Ni pour les vieux ringards Vichyssois qui traînent chez vous le bel avenir qu’ils ont derrière eux. Tous mes regrets. »

Françoise d’Eaubonne

i