1964 : Rêve de feu

Hachette, coll. le rayon fantastique n°124, 238 pages.

 » Prométhée est-il coupable ? L’inventeur du Feu qui a doté l’humanité de sa meilleure défense l’-t-il précipité sur la pente fatale de la guerre atomique, puis de la guerre cosmique ? « 

Dans un Paris techno-fasciste du IIIème millénaire, une jeune fille rêve trop. Et se retrouve, en sommeil cataleptique, projeté dans le tribunal d’un très lointain futur où les paricipantz présents, terrorisé(e)s, savent venir la fin de cet Univers. Il s’agit donc de faire le procès du feu et de son découvreur (Promtê) notre lointain ancêtre d’avant l’Histoire.

Se succèdent à la barre un guerrier Celte d’avant le Christ, un révolté qui suivit Spartacus, un jeune Léonard de Vinci… Tous condamnent le Feu qui fit de leur vie un Enfer. Seule notre héroïne le défendra.

Rêve de Feu peut se lire comme une ébauche de Je ne suis pas née pour mourir. Le sommeil qui permet de traverser les âges et les époques incarnées permettent à Françoise de dresser un tableau très sombre de notre espèce, avec tous les thèmes majeurs que l’on retrouvera dans ses essais et romans de la décennie à venir.

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1964 : Chienne de jeunesse

Paris, Julliard, 376 pages.

Initialement titré « Putain de jeunesse (l’éditeur refusera), ce premier tome de ses mémoires revisite son enfance, jusqu’en 1944. Il s’ouvre sur le Vert paradis où le Jardin tient une place prépondérante, comme « œuvre achevée de Dieu sur terre », puisque dans ces jeunes années Françoise était croyante. C’est « l’état naturel d’un enfant aimé, bien nourri, en contact immédiat avec la nature« .

Puis vient, avec le déménagement à Toulouse, Le temps de l’ennui. La crise économique des années 30 a paupérisé la famille d’Eaubonne, et le manque (« Ah ! Ces enfants qui ont toujours faim !« , se lamentait leur mère) pèse tant sur ses parents que disparaît aussi la tendresse filiale. Ce temps de l’ennui est  un étouffement insupportable pour l’âme ardente de la petite Françoise qui trouve refuge et consolation dans les livres, l’écriture et le spectacle du monde dont quelques ahurissants spécimens fréquentent la maison, comme le mythomane Christian, l’un de ses personnages principaux dans Le Quadrille des Matamores. Pour autant, ces restrictions ne l’ont pas préparée à ce qui suivra après une brève parenthèse heureuse : la guerre est déclarée.

Dans son Toulouse privé de tout, avec des parents peu débrouillards pour faire face, elle connaîtra la faim – la vraie – et le froid, (qui auront raison de son père et de sa grand-mère) comme tant d’autres de sa génération. Elle recevra de plein fouet la révélation des camps de la mort, qui sont au-delà de l’horreur. Mais elle connaîtra aussi la Résistance, les solidarités des pauvres, et son premier vrai contrat littéraire.

De ce creuset, émergera une Françoise débarrassée du moralisme puritain et des convenances illusoires, bien décidée à crier « Jusqu’au dernier souffle, jusqu’au dernier râle, jusqu’au peloton de fusils ou au ronron de la veillée funèbre   : je vous emmerde  !« 

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1963 : La Vie des grands peintres français

Paris, Éditions du Sud, Albin Michel.

Textes de Yvonne Deslandres, Françoise d’Eaubonne, Henry Certign … [et al.] ; sous la direction de Pierre Waleffe, que Françoise croisera sur de nombreux livres ces années là.

La peinture, encore , qui traversera toute son œuvre, que l’on retrouve dans son style , et de loin en loin entre Le cœur de Watteau (1944) et Histoire de l’art et lutte des sexes (1978).

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1963 : Jusqu’à la gauche

Paris, Buchet / Chastel, 391 pages.

On peut considérer ce livre comme la suite de Je voulais être une femme, paru l’année précédente. Le procédé littéraire employé ici est en tout cas similaire.

Notre héroïne, dans cet opus, se plonge dans la résistance à la guerre d’Algérie et l’épopée est picaresque : Mamerloy, un personnage principal, aurait été digne de figurer à la table de la villa Les pamplemousses à Toulouse ou Françoise passa une jeunesse colorée des personnages les plus fantasques.

Mamerloy, elle le retrouvera plus tard sur son chemin : c’est Roland Perrot, qui fonda Longo Maï, aujourd’hui beau collectif coopératif qui connu des débuts à connotations sectaires, avec celui-ci dans le rôle de gourou. Françoise combattra (à l’excès ?) ces dérives, et l’affaire deviendra nationale.

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