1990 : La restauration 1990

1990 : La restauration 1990

1990. Depuis quelques années, l’URSS, alors dans une impasse économique et politique, amorce sa mue sous l’égide de Mikhaïl Gorbatchev, mais la fin de l’empire approche. Le « triomphe de la démocratie parlementaire euro-américaine » amène Françoise, visionnaire, à prédire dans ce texte que s’ouvre la boîte de Pandore. Trente-quatre années plus tard, les sortilèges maléfiques des démons frères, Capital et Patriarcat, s’abattent sur l’Humanité, toujours plus terribles et monstrueux.

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1981 : Ni lieu ni mètre

1981 Ni lieu, ni mètre

« … du fond de mon puits de cendres, tapie comme un scorpion, je mâche mes mortes trop aîmées… »

Françoise d’Eaubonne

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1980 : La nature de la crise

1980 La nature de la crise

En 1980, le n° 20 de Sorcières, les femmes vivent publie 6 pages de Françoise. Elle y résume son long travail pour débusquer les causes premières de nos aberrations. Le recul du temps ne fait que renforcer sa plume et, malgré des rappels anthropologiques qui pourront parfois être datés, elle en vient à l’essentiel dans deux dernières pages fulgurantes.

« S’en prendre au Capital n’est que s’en prendre à la pointe de l’arme qui nous blesse et nous déchire ; le manche de l’arme plonge dans la nuit des temps, il se nomme patriarcat, il se nomme civilisation mâle au schéma universel. (…) Le maintien de l’âge industriel (…) c’est la fin du monde terrestre dans trente à cinquante ans. On ne peut dépasser cet âge-là en conservant un système de profit. On ne peut abolir ce système de profit en conservant une société de classes, à savoir un besoin de pouvoir. On ne peut abolir le pouvoir en conservant le monde patriarcal et masculin. C.Q.F.D. L’avenir de l’espèce est entre nos mains. »

Françoise d’Eaubonne

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1978 : De l’écriture, du corps et de la révolution

1978 : De l’écriture, du corps, de la révolution

Dans ce court texte flamboyant écrit à 58 ans, Françoise évoque son « corps de femme ouvert au monde entier sur les futurs de l’histoire dont sa mort fait partie ». Son corps, qui « a tout vécu en défiant l’ennemi et se redressait en chantant ».

Son « seul ami avec l’écriture [qui] ne m’ont jamais fait défaut, pas plus que l’amour le plus exigeant… celui de l’insurrection armée… milliards de loups arrosés de pétrole et qui flambent. »

Elle appelle toutes les femmes à la fierté de leur corps, rappelant qu’il EST,… alors que la RÉVOLUTION n’est pas encore.

Quand tout est dit sur Françoise, ses 100 livres publiés, ses mots légués à la langue française, ses théorisations visionnaires, il reste ce fait : c’était une incarnation de la vie hors normes, un tellurisme, une force primordiale.

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1977 : La mère indifférente

1977 : La mère indifférente

 

Dans ce texte publié en 1977 dans Les Cahiers du Grif, Françoise revendique d’avoir été une « mère indifférente » au lieu d’avoir été une « castratrice à cuisine, lessive, raccommodage… ». Pourtant, elle a connu ce qu’elle appelle « l’instinct maternel », « au niveau le plus animal qui soit ». Mais elle dénonce ce que la société mâle a fait de cet instinct : un « moyen d’oppression et d’aliénation qui ravale la femme au rang de femelle pondeuse ». Ce texte est suivi de l’Appel des femmes du Mouvement éco-féministe à la grève de la maternité (déjà publié en 1974 dans Charlie-Hebdo).

« Cet instinct maternel, je le sais donc réel, mais mystifié, déformé, aliéné et manipulé. Quand une femme parle de son désir d’avoir un enfant, je lui demande toujours d’examiner de près la racine de ce désir. Il peut être authentique ; il y a de grandes chances qu’il ne le soit pas »

Françoise d’Eaubonne

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1975 : Profession de foi pour l’an 76

1976 Profession de foi
En décembre 1975, Françoise rédigea, dans son journal intime, sa ligne de conduite pour l’année à venir et les années suivantes. Un texte brûlant d’amour et de révolte, où se conjuguaient, dans une fusion ardente, sa haine de l’injustice et du système patriarcal, son amour des opprimé·es et son combat contre « ce qui nous détruit ».
Près de 20 années plus tard, en 1993, Françoise est revenue dans son journal sur cette « profession de foi définitive » :
« En cette année 1993, je suis consciente du ridicule apparent d’avoir écrit une telle profession de foi à l’âge de 56 ans. Mais aujourd’hui que j’en ai 73, je ne la ressens plus comme la manifestation naïve d’une jeunesse n’existant plus. ‘On met longtemps à devenir jeune’ dit Cocteau. Sentir à ce point la vie devant soi, était-ce si outrecuidant ? Suis-je restée fidèle à ces auto-commandements ? Certains me semblent toujours d’actualité. »

Françoise d’Eaubonne

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