1980 : L’Indicateur du réseau

Paris, Encre, 350 pages.

Troisième volume des mémoires de Françoise d’Eaubonne, L’Indicateur du réseau retrace des événements importants de sa vie à partir des noms de lieux dans lesquels ils se sont déroulés : avec humour, elle parle d’un « bilan topographique ». Le récit avance au fil, alphabétique, des noms de gares, et on la croise ainsi successivement à différents âges de sa vie : son enfance, sa famille, ses proches, la guerre, ses premières relations – plus que ratées – avec des hommes, ses livres, son écriture, ses combats. On y lit combien l’écriture est, pour elle, une arme de résistance.

Ce texte n’a jusqu’à présent jamais été publié dans son intégralité. Dans la partie toujours inédite (déposée à l’IMEC), Françoise, soulignant sa « ferveur pour cette contre-littérature qu’est la Science-Fiction », précisait que la SF, « comme tout ce qui est contre, rajeunit et rafraîchit l’ancienne forme, et c’est pourquoi je choisis ici le nom de contre-mémoires ». (Aurore et Alain)

En 2024, Lucie Guillemer soutient un Mémoire de Master à l’Ecole des Chartes : « Contre-mémoires » topographiques de Françoise d’Eaubonne.

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1980 : Histoire de la galanterie – tome IV Au temps des mignons du Roi

Genève, Famot.

Ouvrage très certainement collectif, et travail alimentaire pour Françoise. Le titre fait référence à l’époque d’Henri III, où le terme « mignon » prend définitivement la connotation péjorative que nous lui connaissons encore. Connotation qui n’existait pas auparavant, ce mot, minion, signifiant « fidèle », « serviteur ». Ainsi, les Jésuites furent un temps très sérieusement nommés « mignons de Jésus-Christ ».

Ce sont les critiques, tant des huguenots que des membres de la Ligue, sur les frasques et les excès des redoutables spadassins qui entouraient le jeune roi qui lui donnèrent ce sens dépréciatif. Et dans la mesure où ces critiques les jugeaient efféminés et les soupçonnaient d’homosexualité (ce qui, à l’époque, pouvait valoir le bûcher si l’on n’était pas assez haut placé), il serait intéressant de voir comment Françoise avait abordé la question de la « galanterie ». (Vincent)

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1979 : On vous appelait terroristes

Yverdon, Kesselring, 389 pages.

Livre entamé suite à la mort d’Ulrike Meinhof en prison, On vous appelait terroristes propose une biographie partielle, romancée et polyphonique, des protagonistes de la Fraction Armée Rouge allemande. Chaque chapitre se concentre sur l’expérience que chacun d’entre eux fait (à la mort de Katrina, Ulrike Meinhof) à propos du mouvement, de sa création et des premiers attentats. C’est l’engrenage fatal de la contre-violence qu’y met en scène Françoise d’Eaubonne. Elle montre comment ces jeunes personnes, militants proches de la non-violence au début du roman, arrivent progressivement à la conviction qu’une violence armée est le seul recours efficace qui leur reste pour lutter contre les crimes d’État.

On vous appelait terroristes est un titre dénonciateur : les « guerillos urbains » ne sont pas, selon d’Eaubonne, des « terroristes », mais des militants de la « contre-violence ». (Aurore)

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