// adaptation du texte dans le commentaires //
5 questions sur l’écoféminisme

5 questions sur l’écoféminisme

Usbek & Rica, « le média qui explore le futur », pose, dans un article récent, cinq questions sur l’écoféminisme :

Né dans les années 1970, l’écoféminisme refait surface dans un contexte d’urgence climatique. On essaie de vous en présenter l’héritage et les ambiguïtés, à la suite de plusieurs conférences organisées ces dernières semaines sur le sujet.

Usbek & Rica nous informe également d’une exposition intitulée Histoires vraies, « une expo méta qui questionne la frontière entre réalité et fiction », qui se tient du 4 février au 17 septembre au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (à Vitry-sur-Seine). Le texte de présentation de cette expo m’a stupéfié :

Aller-retours incessants vers les bouleversements politiques et technologiques les plus commentés du moment, du métavers à la Mark Zuckerberg aux utopies éco-féministes imaginées par Françoise d’Eaubonne en passant par l’explosion du travail au clic.

De Mark Zuckerberg à Françoise d’Eaubonne ! Saperlipopette ! quel raccourci !

3 nouvelles rééditions au mois de mars

3 nouvelles rééditions au mois de mars

Nous vous l’avons annoncé voilà quelques semaines, mars verra éclore trois nouvelles rééditions de livres de Françoise. En voici les présentations faites par les éditrices respectives.

Le Sexocide des sorcières

(sortie le 9 mars aux Ed. Le diable vauvert, coll. Nouvelles lunes)

Du XVe au XVIIe siècle, l’Europe chrétienne (catholique comme protestante) fut prise d’une brusque frénésie contre la sorcellerie. Des dizaines de milliers de personnes, accusées à tort ou à raison de pratiques démoniaques, furent torturées avant de se retrouver dans les flammes des bûchers. L’écrasante majorité des victimes furent des femmes. Il n’y a là aucun hasard.
Dans ce pamphlet paru en 1999, Françoise d’Eaubonne pose l’hypothèse, vingt ans avant Mona Chollet, que la chasse aux sorcières est d’abord une guerre contre les femmes, leurs pratiques et leurs pouvoirs réels ou supposés. Elle invente, en passant, le mot sexocide, comme elle a inventé les mots phallocrate et écoféminisme.

Contre-violence ou la Résistance à l’État

(sortie le 1er mars aux Ed. Cambourakis)

Les théories radicales de l’écrivaine Françoise d’Eaubonne et ses pratiques de sabotage révélées depuis quelques années font de sa vision singulière de l’écoféminisme un objet de réflexion pour toute une nouvelle génération militante qui s’interroge, à l’heure de l’urgence climatique, sur les stratégies à mettre en œuvre, incluant les sabotages et l’action directe spectaculaire dans l’espace public.
Publié en 1978, Contre-violence ou la Résistance à l’État, ouvrage introuvable depuis longtemps, rassemble plusieurs textes sur les rapports entre féminisme et violence politique.

Cette réédition est accompagnée d’une présentation historique dans laquelle Isabelle Cambourakis remet en perspective la trajectoire politique de d’Eaubonne, depuis son enfance dans les années 1920 et 1930 jusqu’à l’activisme radical des années 1970.

Écologie/Féminisme – Révolution ou mutation ?

(sortie le 3 mars aux Ed. Le Passager clandestin)

Dans cet essai publié en 1978, Françoise d’Eaubonne montre que l’exploitation de la nature et l’oppression des femmes ont un dénominateur commun : le patriarcat. Si les hommes se sont au cours des siècles approprié la fertilité des femmes et de la terre, un autre seuil a été franchi avec l’expansion du capitalisme à l’échelle mondiale : c’est la vie même qui est désormais menacée.
Rejetant l’injonction permanente à la croissance démographique et économique, la pionnière française de l’écoféminisme insiste sur les limites de la planète et épingle les responsables. Face à l’incapacité des hommes au pouvoir à gérer la crise écologique et politique, il revient aux femmes de reconquérir leur fécondité et d’œuvrer à la mutation vers une société écologique, égalitaire et autogestionnaire. Car seule une mue écoféministe de l’humanité nous permettra de préserver ce qu’il reste de l’environnement.
La sociologue Geneviève Pruvost éclaire d’un jour nouveau ce brûlot visionnaire pétri d’humour et source d’inspiration pour renouveler les stratégies et l’imaginaire collectif, écologique et féministe.

Afin de lancer ces trois nouvelles rééditions, une soirée sera organisée le jeudi 23 mars à l’Espace Des Femmes, à Paris, avec notamment la participation des éditrices, celles de Geneviève Pruvost, de Taous Merakchi, de Vincent d’Eaubonne et de ma pomme. On vous y attend nombreuses et nombreux. Notez la date dans vos agendas. Nous aurons l’occasion de vous donner plus de détails d’ici-là.

Un parc F. d’Eaubonne à Lyon. Un autre à Lomme ?

Un parc F. d’Eaubonne à Lyon. Un autre à Lomme ?

Savez-vous qu’il existe, depuis plusieurs années, une rue Françoise d’Eaubonne à Toulouse et une venelle Françoise d’Eaubonne à Nantes ? De son côté, la ville de Lyon a décidé de baptiser un de ses jardins du nom de l’autrice et activiste ; l’inauguration aura lieu le 10 mars prochain. Et nous venons d’apprendre que la ville de Lomme, commune associée à Lille, située dans le département du Nord et la région des Hauts-de-France, va accueillir un nouveau parc en son centre.

Le parc (…) est conçu avec les habitants tout au long de l’élaboration du projet. Cette consultation continue aujourd’hui car la ville vous laisse le choix quant au futur nom du parc. Une seule condition : il portera le nom d’une femme remarquable.La Ville a fait le choix de proposer au vote 6 noms de femmes remarquables qui toutes, par leur parcours et leurs actions, méritent d’être mises en avant.

Et parmi les six noms proposés, on trouve – vous l’avez deviné – celui de Françoise. Il semble que tout le monde peut voter, alors n’hésitez pas à le faire ; vous avez jusqu’au 26 février pour cela.

Un bonheur viril, par Yasmina Mahdi

Un bonheur viril, par Yasmina Mahdi

Vous n’avez pas encore lu Un bonheur viril, la clef qui permet de tout comprendre de La Trilogie du Losange ? Sur le site web La Cause Littéraire, Yasmina Mahdi vous en propose sa lecture, et conclut ainsi :

Françoise d’Eaubonne brode avec des fils de soie un atroce tableau généré par des idées irrédentistes éructées par des « gynophobes ». Cette dystopie porte sur « les excès du patriarcat », l’usure du corps des femmes et les appétits morbides pour satisfaire « la volupté du mal ».

Réédition du Sexocide des sorcières

Réédition du Sexocide des sorcières

Ainsi que nous vous l’annoncions lors de notre précédent article, la collection Nouvelles Lunes, créée et animée par notre amie Élise Thiébaut, va prochainement rééditer Le Sexocide des sorcières. Dans ce pamphlet paru en 1999 à L’Esprit frappeur, Françoise replaçait trois siècles de chasse aux sorcières, de tortures et de mises à mort de dizaines de milliers de personnes dont la quasi-totalité étaient des femmes, dans le contexte du sexisme fondamental du christianisme pour lequel toute femme incarne peu ou prou le mal. (Notre époque nous assène malheureusement tous les jours que cette diabolisation et cette misogynie criminelle ne sont pas le fait de la seule religion chrétienne).

La réédition de ce petit texte percutant sortira début mars. Le site Les univers du livre la présente déjà. L’ouvrage sera préfacé par Taous Merakchi.

Sorcière moderne, volcanique et provocatrice, la jeune écrivaine emprunte le chemin ouvert par Françoise d’Eaubonne pour se réapproprier sa puissance féminime et féministe.

Françoise, Élise et Nouvelles Lunes

Françoise, Élise et Nouvelles Lunes

 

« Connais-tu l’histoire fantastique de la Française qui a inventé l’écoféminisme ? ». C’est par cette accroche que Soif de sens, podcast dédié à l’écologie, au féminisme et à la solidarité, présente sa 93e édition, consacrée – vous l’avez compris – à Françoise. Notre amie Élise Thiébaut, autrice notamment de L’Amazone verte – le roman de Françoise d’Eaubonne, y dresse un portrait de l’autrice et activiste qui a inventé les mots « phallocrate », « sexocide » et « écoféminisme ».

Élise, par ailleurs, propose depuis quelques mois, avec les éditions Au diable Vauvert, Nouvelles Lunes, une lettre d’information « féministe, queer, rebelle, écologique, à la fois douce et violente comme les grandes passions humaines ». Vous pouvez vous y inscrire pour être sûr•es de n’en louper aucune.

Chaque mois, vous lirez des textes originaux d’auteurices lunaires. Il y aura Juliet Drouar, Mai Hua, Gabrielle Deydier, Ketty Steward, Pauline Gonthier, Fatima Ouassak, Myriam Bahaffou, Milady Renoir, Ophélie Latil ou Pinar Selek… et bien d’autres qui ont déjà commencé à écrire, qui prévoient de le faire, et qui arriveront chaque mois dans votre boîte mail, pendant que je continuerai à vous proposer une lecture écoféministe de l’actualité. Nouvelles Lunes, en 2023, verra aussi la publication de deux livres au format papier. Le premier, en mars, sera une réédition du Sexocide des sorcières, de Françoise d’Eaubonne, préfacé par Taous Merakchi, aux éditions Au diable vauvert. Et le deuxième, encore secret, devrait être publié dans un an.