// adaptation du texte dans les commentaires // // A SUIVRE

2022 : Les Bergères de l’Apocalypse

Paris, Des Femmes–Antoinette Fouque, 650 pages.

1978. Contrairement à beaucoup de lectrices et lecteurs bien plus lucides que moi, ce roman, à sa sortie, me passe au-dessus de la tête ; je m’attendais à quelque chose d’aussi charmant que Le Satellite de l’Amande et suis décontenancé. Avec ma lenteur d’esprit habituelle (pour reprendre une expression que Françoise avait employée avec fausse modestie envers elle-même), il m’aura fallu attendre 2022 et cette réédition par Des Femmes-Antoinette Fouque pour découvrir ce que je considère dorénavant être un véritable chef d’œuvre. Me reste un petit regret : celui de n’avoir pu dire à Françoise mon enthousiasme débordant. (Alain)

2024 : Les femmes avant le patriarcat

Rome, Nova Delphi Libri, préface Vincent d’Eaubonne,  avril 2024

Non réédité à l’heure actuelle en français, ce livre de 1976 s’intercale entre Le Féminisme ou la Mort de 1974 et Écologie/Féminisme, révolution ou mutation ? de 1978.

Puisque “Le capitalisme n’est que la pointe du fer qui nous blesse, son manche se perd dans la nuit des temps“, Françoise s’appuie sur l’histoire des mythes et les connaissances anthropologiques de son époque pour tenter de situer le moment où le patriarcat a pris le pouvoir.

2022 : Le Satellite de l’Amande

Paris, Des Femmes–Antoinette Fouque, 176 pages.

1975. J’ai 21 ans, je connais Françoise depuis plusieurs mois et nous sommes déjà devenus inséparables. Des Femmes publient Le Satellite de l’Amande, un roman de science-fiction dans un monde composé uniquement de femmes. Je suis emballé. L’exploration de la petite exoplanète, les questionnements philosophiques de la narratrice, la plume légère de l’autrice, tout charme ma tumultueuse jeunesse. 47 ans plus tard, les éditions Des Femmes rééditent cet ouvrage, et c’est donc avec un plaisir tout particulier que je repars à la découverte de cet univers d’Eaubonnesque. (Alain)

2024 : Il sessosidio delle streghe

Prospero Editore, Milan, mars 2024

Après avoir traduit Le Féminisme ou la mort, Sara Marchesi, directrice de collection chez Prospero Editore, a décidé de faire connaître ce texte de Françoise en Italie.

Le sexocide dont parle Françoise d’Eaubonne dans ce texte, le traitement réservé aux « sorcières » lors de la chasse qui a été menée contre elles, n’était qu’un prétexte. C’était une astuce parfaite, adaptée à l’époque dans laquelle ces événements s’inscrivent, pour justifier la torture et le meurtre des femmes. Le Malleus Maleficarum de Kramer et Sprenger serait traité aujourd’hui comme le manifeste d’un incel, lâché sur la toile quelques heures avant d’aller commettre sa tuerie de masse dans un lieu fréquenté essentiellement par des femmes. (Taous Merakchi, 2023)

2024 : Le Féminisme ou la Mort

Paris, Le Passager Clandestin,  édition de poche,  5 avril 2024

Cette réédition de poche du titre paru en 2020 chez les mêmes éditrices arrive un mois avant un autre indispensable, Écoféminisme politique d’Ariel Saleh, qui se situe dans sa prolongation.

Initialement paru en 1974, ce livre fondateur ouvre de nouvelles perspectives pour les luttes écologistes et féministes, dont Françoise nous dit qu’elles sont appelées à se rejoindre dans le combat contre le patriarcat qui, dans un même mouvement, soumet les femmes et détruit la planète.

2023 : Écologie/Féminisme – Révolution ou mutation ?

Paris, Le Passager Clandestin, préface Geneviève Pruvost, 349 pages.

Depuis la publication du Féminisme ou la mort en 74 et la parution de sa recherche érudite Les Femmes avant le patriarcat, en 76, Françoise d’Eaubonne a complexifié sa vision de l’écoféminisme.

À contre-courant du féminisme réformiste, qu’elle qualifie de féminisme-de-maman, mais aussi du féminisme marxiste, d’Eaubonne ajoute deux dimensions à l’analyse de l’exploitation (la nature et les pays du Sud) : se libérer, en tant que femme, sur le dos de la planète et des petites mains subordonnées n’est pas un horizon émancipateur. Comment oublier qu’en bout de chaîne se trouvent des femmes courbées dans des champs à l’autre bout du monde ? (Geneviève Pruvost, 2022)