// adaptation du texte dans le commentaires //

Ce sont les femmes qui souffrent le plus de la crise climatique

Par Alain

Fils adoptif de Françoise, heureux de contribuer à faire vivre sa pensée et son œuvre.

Publié le 11/03/2022

Par Alain

Madrid, décembre 2019. Marie Kolo, militante pour le climat, vient de Madagascar pour participer à la Conférence mondiale sur le climat, la COP 25. Jeune femme de 31 ans, déterminée et n’ayant pas la langue dans sa poche, Marie Kolo s’était permise, quelques jours auparavant, de critiquer sur Facebook le ministre malgache de l’environnement, Alexandre Georget. Devant les délégués de la COP, celui-ci la croise, l’attrape par le bras et l’insulte. Comment une jeune femme avait-elle eu le culot de critiquer un mâle de la caste des puissants de ce monde ?

Madagascar. La moyenne d’âge des 28 millions d’habitants de l’île est de 19 ans. Cependant, la voix des jeunes, leurs souhaits et leurs préoccupations ne sont généralement pas entendus ou représentés dans les parlements et dans les instances du pouvoir. Marie Kolo insiste sur la place qui devrait revenir à la jeunesse et sur celle qui est due aux femmes. Un article de Der Tagesspiegel (quotidien allemand diffusé uniquement par abonnement) la présente ainsi :

Elle se décrit non seulement comme une militante pour le climat, mais aussi comme une défenseuse du genre et comme une écoféministe, un terme apparu pour la première fois dans les années 1970 et qui remonte à la militante des droits des femmes Françoise d’Eaubonne, décédée en 2005. Pour des écoféministes comme d’Eaubonne et Kolo, l’écocrise et l’oppression des femmes sont liées. L’exploitation de la nature et l’oppression des femmes sont, selon elles, les deux faces du capitalisme.

Marie insiste sur le lien entre l’oppression des femmes et l’exploitation de la nature :

Beaucoup ne savent même pas qu’il existe un lien entre le genre et le changement climatique. Et quand c’est le cas, ce lien n’a que peu ou pas de priorité dans les négociations. Celles qui souffrent le plus sont les femmes.

Un des nombreux exemples que met en avant Marie Kolo est celui des conséquences du tremblement de terre de 2010 en Haïti : après le séisme, les femmes réfugiées dans les camps d’urgence ont souvent été victimes d’abus physiques et sexuels. Autre exemple :

Dans les sociétés patriarcales du Sud mondial, les femmes assument de nombreuses tâches quotidiennes. Elles s’occupent par exemple de l’eau et de la nourriture pour la famille. Pour ce faire, les femmes doivent marcher, aller loin dans les régions arides de Madagascar – souvent dix, parfois jusqu’à vingt kilomètres. Quand elles rentrent chez elles, elles ne peuvent pas boire l’eau, peu importe à quel point elles sont épuisées. C’est d’abord au tour des hommes, puis des enfants, puis des animaux. À la fin, les femmes peuvent boire, s’il leur reste quelque chose. Il en va de même pour l’approvisionnement en nourriture.

Marie Kolo dit avoir été rebelle dès l’âge de 8 ans. C’est quelques années plus tard, quand une usine textile s’est implantée non loin de chez elle et a commencé « à changer la couleur des champs », que Marie Kolo se met à militer. Sa pétition contre la pollution atmosphérique d’origine industrielle obtient le succès : l’usine doit fermer peu après. Les femmes qui l’inspirent : Wangari Maathai (« la femme qui plantait des arbres », kenyane, prix Nobel de la paix en 2004) et Vandana Shiva (militante écoféministe indienne, dirigeante de la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles, prix Nobel alternatif en 1993).

Lors des conférences sur le climat, la majorité des délégués sont des hommes, blancs, âgés.

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